Antoine Prost, historien de l’éducation, professeur émérite à Paris-I Panthéon-Sorbonne a estimé lors de son audition par la commission Pochard le 6 novembre 2007, qu’une revalorisation du traitement des enseignants n’améliorera pas durablement le système éducatif. Il a ainsi rappelé qu’en 1989, Lionel Jospin avait augmenté de 14 à 15% la masse salariale. « Est-ce que ça a changé quelque chose? », s’est-il interrogé. Il est toutefois favorable à une rémunération supplémentaire des services rendus en dehors de la présence des élèves.

Par ailleurs, l’historien a estimé que « le salaire des enseignants s’est au moins maintenu, voire amélioré » au cours des cinquante dernières années. Il a d’ailleurs recommandé à la commission de s’appuyer sur une « étude statistique solide » qui compare l’évolution des salaires des enseignants, à d’autres professions similaires. Antoine Prost a également conseillé « à la commission Pochard de ne pas modifier le service des enseignants ». Pour argumenter, il a précisé qu’en 1967, le gouvernement avait réduit de 3 heures le service des instituteurs, sans amélioration notoire du système éducatif.

Enfin, l’historien a défendu le travail en équipe des enseignants, « recommandé par les différents ministères depuis le XIXe siècle mais jamais appliqué ». Il a plaidé pour l’organisation d’un conseil de classe en début d’année, pendant lequel les enseignants puissent discuter et décider ensemble des interrogations écrites et des devoirs donnés pendant l’année.

Source : AEF