Moins important que dans le secondaire, l’absentéisme des élèves du primaire n’en est pas moins problématique. Aussi, les directeurs d’école ont-ils la charge de contrôler, traiter et suivre les absences1.

Affiner les motifs

« On parle d’absentéisme lorsque quatre demi-journées d’absence non justifiées sont constatées dans le mois », rappelle Patrick Roumagnac, secrétaire général du Syndicat de l’inspection de l’Education nationale (SI.EN). « Mais cette notion de justification est complexe. Si l’excuse d’une réunion familiale peut, dans certains cas, être légitime, celle du rendez-vous chez le médecin pris régulièrement dans les heures de classe se révèle insatisfaisante ». Seuls les enfants de familles « à problèmes » seraient sujets à manquer la classe ? Pas si simple. Selon Bernard Le Borgne2, responsable d’un réseau Ambition réussite3 en Loire-Atlantique, « ce ne sont pas tant les taux d’absentéisme qui varient d’une école à l’autre que les motifs avancés. Certains enfants manquent la classe une semaine entière pour profiter pleinement des sports d’hiver, d’autres anticipent leur départ en vacances (ou retardent leur retour à l’école) en fonction des tarifs de transport maritime vers l’Afrique du Nord notamment. Parents séparés, fêtes religieuses… les raisons ne manquent pas. Mais, les difficultés familiales n’expliquent pas tout ». À cela, comme aux absences injustifiées, un seul traitement : établir une relation de confiance « fondée sur le dialogue et l’échange (…) en vue de trouver d’éventuelles solutions pédagogiques »4.

Quand les motifs ne suffisent plus…

Quand sensibiliser les familles de l’intérêt d’une scolarisation régulière – « sans les culpabiliser », insiste Patrick Roumagnac -, ne suffit plus, le directeur d’école doit impliquer l’équipe éducative. Si le problème perdure, il passe le relais à son IEN qui convoquera les parents concernés. « Face à une lettre officielle, les familles se dérobent très rarement », note le syndicaliste. « L’inspecteur agit alors sur un double registre : il signifie aux parents que soustraire leur enfant de l’école constitue une infraction au code de l’éducation passible d’une sanction. Puis, il met en avant l’intérêt de l’enfant en insistant sur les dangers de l’absentéisme ». Si rien ne change, l’inspection académique se saisit alors du dossier avant de le faire suivre au procureur de la République. Mais avant toute chose, comme le rappelle Bernard Le Borgne, « en primaire, les familles sont souvent présentes aux grilles de l’école. Le directeur doit mettre à profit ces occasions pour instaurer un dialogue, une relation de confiance entre adultes ». Car si « la coercition existe, ce serait une grave erreur de la mettre systématiquement en avant ».

Marie-Laure Maisonneuve

(1) Circulaire de mars 2004 relative au contrôle de la fréquentation et à la promotion de l’assiduité des élèves soumis à l’obligation scolaire.
(2) Principal de collège à Nantes, Bernard Le Borgne est aussi membre du Conseil d’Administration de l’association Education & Devenir
(3) Qui regroupe notamment cinq écoles primaires
(4) Voir le dossier « contrôle de l’assiduité scolaire » sur le site Eduscol.