David Willetts déplore le fait que l’éducation -le fait d’apprendre et de s’instruire- ait perdu toute valeur, si elle n’est pas directement reliée à la vie économique. Ce qui compte, c’est l’apprentissage d’une compétence professionnelle. Compétence qui sera directement opérationnelle sur le marché du travail, ce qui bien sûr n’est pas le cas de la littérature ou des sciences abstraites.
Mais pour David Willetts ce système pernicieux rate son objectif : un individu doté d’une vraie culture sera de toute façon beaucoup plus solide et efficace qu’un individu superficiellement formé.
Pour étayer son propos, David Willetts analyse le très étonnant glissement sémantique ayant affecté le ministère de l’Education britannique : ce ministère a été scindé en deux. Les deux nouveaux ministères ont pour nom : Department of Innovation, Universities and Skills (ministère de l’innovation, des universités et des compétences) et Department for Children, Schools and Families (ministère de l’enfance, de l’école et des familles). D’éducation, nulle part il est question !! Comme si, souligne David Willetts, ce mot était désormais interdit. Un mot vide de sens.