Une lettre pour dénoncer les malaises de l’université

- Xavier Dunezat, maître de conférences, explique les raisons qui l’ont poussé à démissionner

Xavier Dunezat, maître de conférences en sociologie à l’université de Lille-1 depuis 2006 a décidé, un an après son entrée en fonction, de démissionner de son poste. Il a décidé de retourner dans l’enseignement secondaire, où il était auparavant professeur agrégé de sciences économiques et sociales. Dans une longue lettre parue sur internet, il explique les raisons pour lesquelles il a pris cette décision. Déclinée en 5 chapitres, cette lettre dénonce le « règne du piston », le « désert relationnel » de l’université et le « mépris des étudiants qui transparaît dans l’organisation globale des enseignements… et dans les pratiques professionnelles des enseignants ».

« La première raison de ma démission est que je n’assume pas la manière dont j’ai été recruté », écrit Xavier Denuzat. Les procédures de recrutement menées par des « commissions de spécialistes » privilégient « copinage et candidats locaux, issus de l’université qui recrute », explique-t-il. Les relations entre enseignants sont une autre source de désappointement pour le chercheur. « Couloirs et salles de professeurs vides, (…) bureaux fermés », l’université est selon lui un monstre froid où les « quelques relations socioprofessionnelles qui existent sont profondément structurées par une conflictualité désarmante ». Les enseignants-chercheurs ne sont pas épargnés.

Ils sont accusés de s’adonner à la « chasse aux cours qui sont en adéquation avec (leurs) thèmes personnels de recherche », de se livrer à une vive « concurrence pour attraper au vol les niveaux intéressants » et d’afficher un « faible sérieux en matière de notation ou de suivi d’examen ». Depuis la publication de cette lettre, les langues se délient. Ainsi, pour Gilles Pinte, maître de conférences à l’université de Bretagne-Sud, les moeurs décrites par M. Denuzat renvoient à une certaine réalité.

Le but de ce professeur agrégé était « de faire bouger les choses… à condition d’être au courant ». Au vu des messages et autres discussions sur internet, une partie de son objectif est déjà remplie.

Source : France Démocrate, 20 minutes, Le Monde

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