"Dès les premières heures, j’ai passionnément aimé le métier d’enseignant"

"Dès les premières heures, j'ai passionnément aimé le métier d'enseignant. Je retrouvais en mes élèves tout ce que j'avais subi comme cancre, tout ce que je m'étais fait subir à moi-même". Un cancre devenu enseignant, voilà qui est assez étonnant. Ce qui est plus étonnant encore, c'est qu'il soit aussi devenu écrivain, un écrivain aujourd'hui reconnu et apprécié.

Dans son livre Chagrin d’école, à paraître chez Gallimard le 11 octobre, Daniel Pennac raconte son parcours de cancre et les chagrins endurés à cause de l’école.
Dans une passionnante interview livrée cette semaine au JDD, l’écrivain se remet dans la peau du cancre qu’il fut. Et pour tous ceux qui ne furent pas cancres, l’entretien est extrêmement instructif. On apprend à quel point le cancre souffre et combien son image de clown ou de rebelle n’est qu’une façade ! « On n’envisage le cancre que par ses processus de compensation : il fait le clown, il est agressif ou complètement léthargique. Ne reste que l’image de l’élève qui déconne. Mais que ressent-il, ce cancre qui s’entend dire à longueur de journée qu’il est bête, paresseux, tricheur et coupable de « le faire exprès » ? ». Le drame, c’est qu’il « finit par le croire ». Comme le dit l’écrivain dans une autre interview, également très intéressante, accordée à L’Express Livres, « le mauvais élève heureux n’existe pas ».
Daniel Pennac décrit la souffrance terrible endurée par lui étant élève, et par tous ceux qui sont ou ont été cancres. Il trouve scandaleux qu’on abandonne les élèves en détresse, surtout ceux qui font partie de « la jeunesse la plus délaissée », c’est-à-dire la « jeunesse de banlieue ».
Lui-même ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque certains de ses profs : s’il rend hommage à trois professeurs merveilleux, trois « sauveurs » pour reprendre ses mots, il dit tout de go n’avoir plus aucun souvenir de ses autres profs. Sauf deux d’entre eux, « deux bourreaux », dont un « crétin ».

Avec ses élèves, cela marchait. Sa méthode ? « Travailler en dédramatisant ». Et

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