Quelles sont les missions d’un directeur d’école ?

Elles sont de trois ordres : administratives, pédagogiques et partenariales. Les tâches administratives consistent à faire appliquer la réglementation, organiser l’admission, l’accueil et la surveillance des élèves, le service des instituteurs, le travail des personnels communaux et les élections des délégués. Sur un plan pédagogique, en plus d’enseigner, le directeur prend en charge la continuité entre la maternelle et le primaire, puis entre primaire et collège. Il assure la mise en place de l’équipe pédagogique. Il réunit les conseils de maîtres ou d’école, et peut participer à la formation des enseignants ou des futurs directeurs. Enfin, au niveau partenarial, il est l’interlocuteur des autorités locales, il veille à la qualité des relations avec les parents d’élèves, le monde économique ou encore les associations culturelles et sportives… En liaison avec les autorités compétentes (justice, police…), il est également garant de la protection des enfants.

Comment un directeur d’école peut-il s’organiser pour conjuguer toutes ses activités ?

Il bénéficie d’une décharge de service, qui varie selon la taille de l’établissement. Cette décharge est complète pour les écoles comportant au moins 14 classes de primaire ou 13 classes maternelles. Les directeurs d’école de 10 à 13 classes primaires ou de 9 à 12 classes maternelles bénéficient d’une demi-décharge. Celle-ci est ramenée à un quart pour les écoles de 4 à 9 classes primaires ou de 4 à 8 classes maternelles. Enfin, pour les autres écoles, la décharge correspond à l’équivalent de deux journées dans les quinze jours suivant la rentrée. Et le système se complique encore pour les écoles spécialisées, accueillant des enfants handicapés, pour lesquelles intervient un autre régime.

Quelle est son autorité qui lui est conférée par la loi ?

Indépendamment de son autorité naturelle, de son charisme et de ses compétences, elle est nulle ! En effet, contrairement à ce qui se passe dans le secondaire, le directeur d’école exerce une fonction, mais ne change pas de statut. Il assume donc des responsabilités supplémentaires, mais ne bénéficie d’aucune autorité hiérarchique vis-à-vis du personnel de l’établissement. Par exemple, il n’évalue pas les enseignants, ni les personnels Atos. Le supérieur hiérarchique de l’instituteur, comme du directeur, c’est l’inspecteur primaire. Et, de fait, les deux vrais responsables d’une école primaire sont, d’une part, le maire de la commune où elle est implantée et, d’autre part, l’inspecteur de l’Éducation nationale. Ils ont la signature sur tous les actes qui engagent l’école : le budget, le règlement intérieur…

Quelle est la rémunération d’un directeur d’école ?
Le régime indemnitaire des directeurs d’école est assez complexe. Il varie, lui aussi, avec le nombre de classes. Pour faire simple, les directeurs bénéficient, en plus de leur salaire de base, de points d’indice supplémentaires, qui correspondent à un montant allant de 49,50 € à 216 € mensuels selon les cas. Ils perçoivent également une Indemnité de sujétions spéciales (ISS) de 1110 € annuels (1332 € s’ils exercent en ZEP). Ce supplément de rémunération assez faible, compte tenu de l’exigence de la fonction, ajoutée au problème de l’autorité, explique que, chaque année, environ 10% des postes de directeur d’école ne sont pas pourvus.

Propos recueillis par Patrick Lallemant
(1) Organisation de coopération et de développement économiques