Evaluation des étudiants à l’université : Un manque d’intérêt inquiétant selon l’IGAENR

- Opacité des règles, fraudes, inégalités de traitement, laxisme, désorganisation… Telles sont les conclusions de son rapport

Opacité et complexité des règles, fraudes, inégalités de traitement, laxisme, désorganisation… Telles sont les conclusions du rapport de l’IGAENR (Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la recherche) sur l’évaluation des étudiants à l’université. L’IGAENR a ainsi enquêté sur les examens universitaires, en licence et en master. Pour cela, ils ont interrogé des étudiants, des enseignants, des responsables administratifs et des présidents d’université.

Premier constat, l’Inspection s’étonne du manque d’intérêt pour la question de l’évaluation des étudiants. « C’est bien sûr parce que l’évaluation débouche sur un diplôme, qu’à l’heure où l’université française entend clarifier ses missions vis-à-vis de la Nation la question de l’évaluation ne peut être contournée », alerte l’IGAENR. Le rapport pointe également la complexité de l’organisation des examens, que n’a pas simplifiée la mise en place du LMD. Ainsi, tous les professeurs ou responsables administratifs ne comprennent pas les règles de la même façon. « Il en va de même, plus gravement, des étudiants, qui ont des difficultés à comprendre ces règles (…) parce qu’elles ne leur parlent pas ».

Autre point négatif, l’organisation des épreuves manque de rigueur. La surveillance des examens est « souvent insuffisante ». Par ailleurs, l’affichage des résultats n’est pas plus satisfaisant. Ainsi, « la mission a rarement trouvé des panneaux d’affichage vitrés et fermés à clé. » Autre constat, l’anonymat des copies est inégalement respecté, voire considéré comme « un rituel sans signification ». Enfin, dernier point noir, la fraude durant les examens. D’après la mission, les personnels et responsables administratifs la minimisent et les étudiants en donnent une « évocation inquiétante ».

« Les étudiants interrogés allaient jusqu’à estimer de 25% à 50% la part des étudiants qui a recours » à la fraude, affirme l’inspection générale. « Les surveillants ferment semble-t-il souvent les yeux. » Conséquences de ces déficiences, l’université ne fait pas toujours confiance à ses propres diplômes. L’Inspection générale estime donc que les universités doivent faire de l’évaluation un élément de leur autonomie. « L’objectif de valorisation des diplômes universitaires ne pourra être atteint que si les universités ont les moyens d’en faire un élément central de leur politique et de l’exercice de leur autonomie. »

Source AEF

Partagez l'article

Google

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.