harcèlement scolaire

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À quels signes reconnaît-on un enfant ou un adolescent, atteint de phobie scolaire ?

Un absentéisme perlé, des allégations de maux de ventre, une fréquentation assidue de l’infirmerie, un comportement cyclique avec une amélioration à la veille des vacances, sont des signes caractéristiques. Les enfants et adolescents que nous recevons ont tous abandonné l’école depuis plusieurs mois sans pour autant avoir rencontré de difficultés d’apprentissage particulières. Leur investissement scolaire a simplement régressé avec le développement de leur maladie. Explorations médicales, changements d’école, déménagements, déscolarisation, inscription au CNED(2)…. Les parents de ces élèves ont souvent tout essayé et sont dans l’impasse. Le cheminement personnel des enfants est toujours le même : abandon de la scolarité, perte du goût de l’effort, marginalisation scolaire et sociale, isolement, dépression et parfois, tentatives de suicide.

À quel moment et comment envisager la rescolarisation d’un enfant en proie à cette maladie ?

L’objectif de notre service est de favoriser un retour à l’école le plus précoce possible, avant que ne s’installent des « bénéfices secondaires » (cf. encadré). Après une évaluation psychologique, une enquête sociale et un bilan scolaire, nous reprenons contact avec l’établissement de l’élève afin de redéfinir ensemble les modalités d’une rescolarisation. Parallèlement et jusqu’à ce que le retour soit définitif, nous faisons suivre une scolarité interne(3) à l’enfant. Cela afin qu’il reprenne l’habitude de manipuler du matériel scolaire, de fournir un effort intellectuel et qu’il réinvestisse son statut d’élève. Nous travaillons aussi les contenus en collaboration avec l’enseignant de l’enfant, afin d’assurer une remise à niveau efficace.

Précisément, quel est votre rôle dans cette rescolarisation ?

Je suis là pour dresser avec l’enfant la liste des obstacles, et l’aider à trouver des solutions concrètes à des problèmes souvent très pratiques. Comment se présenter aux autres, expliquer son absence et la présence d’un adulte à ses côtés… Car effectivement, j’accompagne l’élève dans sa classe. Au départ, nous allons simplement jusqu’à l’école. Faire le chemin, rentrer, parler un peu, repartir. La fois d’après, on passe une heure dans la classe. Il peut aussi m’arriver d’attendre derrière la porte durant les premiers cours.… À l’hôpital, j’aide parfois les parents à reprendre leur rôle au moment des séances de devoirs.

Comment passez-vous le relais aux enseignants ?

Pour les enfants de région parisienne, nous sommes en relation avec un établissement(4) qui accueille ces élèves pour un temps donné et avec qui nous avons des contacts facilités. Mais d’une manière générale, les enseignants et les chefs d’établissement sont bienveillants avec les jeunes que nous leur renvoyons. Bien entendu, il nous faut les rassurer et leur donner des garanties médicales, surtout si l’élève présente des symptômes anxieux ou dépressifs. Mais ils savent qu’ils peuvent faire appel à nous à tout moment.

Propos recueillis par Marie-Laure Maisonneuve