Anne-Marie Pontgratz, professeur de philosophie au lycée François-1er à Paris choisit de privilégier « l’étonnement » des élèves. Elle leur fait manger par exemple des aliments sans que les élèves en connaissent le nom. On se rend compte ainsi que « quand on mange, on a plus affaire à des étiquettes qu’aux aliments eux-mêmes ». Conclusion philosophique : « les mots font écran aux choses ».

Pour Ronald Bonan, professeur de philosophie au lycée Duby à Luynes dans les Bouches-du-Rhône, le « premier cours est fondamental ». Les élèves doivent prendre conscience que le philosophe est celui qui est « capable de dire clairement ce que nous pensons de façon confuse ».

Quelle est alors la conception idéale de l’enseignement de la philosophie en terminale ? S’appuyer sur les expériences simples et concrètes, ou, à l’instar de Michèle Vergeade, autre professeur cité dans Philosophie Magazine, venir chargé de livres, afin que l’élève prenne conscience que sa propre réflexion se construit par le détour de celle des autres ? Et que, comme le dit Kant, cité par Michèle Vergeade, dans La Faculté de juger, « penser par soi-même ne signifie pas penser seul ? »