L’Europe investit peu dans la recherche et dans l’enseignement supérieur

- C’est l’une des conclusions de l'étude sur les classements universitaires internationaux publiée par l’institut Bruegel

Le manque d’investissements dans les universités européennes explique en partie leur retard sur les établissements américains. C’est l’une des conclusions de l’étude sur les classements universitaires internationaux publiée lundi 10 septembre 2007 par un groupe de cinq économistes pour le centre de réflexion européen Bruegel. Pour arriver à leurs conclusions, les auteurs ont croisé plusieurs sources. Ils ont mis en place un indice de performance pour chaque Etat sur la base du nombre d’universités représentées dans le classement de Shanghai, rapporté à la population de l’Etat. Celui-ci a été examiné à la lueur d’un questionnaire réalisé par l’institut Bruegel et portant sur la gouvernance et le financement des universités européennes.
Enfin, la compilation d’abondantes données sur les universités américaines leur a servi à démontrer le lien entre l’autonomie des universités et le nombre de brevets déposés. L’étude montre d’importants écarts entre les pays européens. La Suisse, la Suède et le Royaume-Uni obtiennent ainsi des résultats particulièrement bons. En bonne position, on trouve également le Danemark, la Finlande, la Belgique et les Pays-Bas. En revanche, la France et l’Allemagne obtiennent « des résultats médiocres ». Par ailleurs, selon l’étude, l’écart entre les universités américaines et européennes s’explique pour plusieurs raisons. L’Europe investit peu dans la recherche et dans l’enseignement supérieur.

L’institut constate en effet que la somme des fonds publics et privés consacrés à l’enseignement supérieur au sein de l’Union européenne représente 1,3% du PIB des 25, contre 3,3% du PIB aux Etats-Unis. Rapporté au nombre d’étudiants, l’Europe dépense en moyenne 8 700 euros par étudiant, contre plus de 36 500 euros aux Etats-Unis. « Si l’Europe veut être un leader dans le monde de la connaissance (…), la plupart des pays européens doivent investir un point de plus de leur PIB dans l’enseignement supérieur chaque année », précise l’institut. Mais l’investissement financier n’est pas la seule clef du succès.

Dans leur étude, les chercheurs formulent l’hypothèse d’une corrélation entre le degré d’autonomie et les résultats. Ils proposent ainsi de renforcer l’autonomie des universités dans les trois domaines essentiels que sont le budget, les recrutements et les rémunérations. Les auteurs ont pu mesurer statistiquement l’avantage de l’autonomie budgétaire. Celle-ci doublerait les effets bénéfiques induits par l’augmentation du budget des universités. A contrario, les freins à l’efficacité seraient le statut public et le recrutement de professeurs issus de la même université que celle dans laquelle ils enseigneront. Deux éléments qui, jusqu’à présent, étaient largement dominants dans le système universitaire français.

Source : La Tribune, AEF

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