Des phrases stupéfiantes de modernité. Ecrites au début du XXe siècle. Un exemple ? « Je ne puis penser sans amertume au temps où la jeunesse lisait de bons livres ».

Léon-Paul Fargue va plus loin. Il redoute carrément la disparition de la littérature. Il se demande, « l’homme n’ayant plus le goût de s’asseoir et de lire », si « la littérature telle qu’il la conçoit va être définitivement licenciée par les démons de la vie moderne ». Ses craintes sont résolument contemporaines, d’autant qu’elles reposent avant tout sur l’observation faite par lui de l’invasion croissante des « progrès des techniques », qui relèguent la littérature aux arrières-plans.

Etonnant, non ? Et rassurant. Car on le voit bien, un siècle après, la littérature est toujours là. Et ces phrases, un poète pourrait les redire aujourd’hui, et qui sait dans un siècle ou deux ?

La littérature sera toujours là et c’est tant mieux, car comme le dit magnifiquement Léon-Paul Fargue, « les livres sont des tiroirs secrets et pourtant visibles, et sans serrure, où les hommes déposent parfois le meilleur d’eux-mêmes ».