Le système d’éducation canadien

Confédération de dix provinces et de trois territoires1, le Canada n’en dispose pas moins de treize systèmes éducatifs2 régis par autant de ministères provinciaux. Le bilinguisme historique du pays en fait un chef de file en matière d’enseignement des langues. Mais qu’en est-il des autres priorités ?

Dans ce vaste pays d’Amérique du Nord, l’éducation, affichée comme un atout national, ne saurait être centralisée par un ministère fédéral. Les dix systèmes provinciaux indépendants sont représentés à l’échelon national par le Conseil des Ministres de l’Education du Canada (CMEC) qui œuvre à la défense des intérêts éducatifs. Par le biais d’orientations pédagogiques choisies, chacune des treize entités peut mettre en avant ses particularités géographiques, historiques et culturelles. Ce qui ne les empêche pas de travailler à un objectif commun : « préparer l’avenir et aider les jeunes à mieux intégrer le milieu du travail », souligne Diane Barbaric, responsable du département « relations universitaires et mobilité des jeunes » à l’Ambassade du Canada en France.


Anglais ou français ?


En 1968, faisant du libéral Pierre Elliott Trudeau leur premier ministre, les Canadiens se sont dotés de deux langues officielles : l’anglais et le français3. En primaire, ce bilinguisme se traduit par des cours d’immersion en français dans les régions anglophones et vice-versa. Dans le secondaire, les élèves apprennent tous la deuxième langue officielle du pays. Un critère essentiel pour pouvoir accéder à l’enseignement supérieur.


La formation initiale


 


Au Canada, la scolarisation débute en général dès 6 ans. Mais la plupart des écoles primaires (primary schools) offrent aux enfants une première année d’éducation4 (kindergarten) dès l’âge de cinq ans. Le primaire dure sept ans (du grade 1 au grade 7). Gratuit5, il assure une formation de base en langue, mathématiques, sciences humaines et sociales, avec une initiation aux arts. 98 % des élèves du primaire accèdent au secondaire qui s’étend sur quatre à six ans obligatoire6. « La première année est surtout constituée de cours obligatoires, avec quelques cours en option, dont la proportion augmente dans les dernières années. Ainsi, les élèves suivent des cours spécialisés qui les préparent au marché du travail ou qui répondent aux critères d’admission des établissements postsecondaires. Le diplôme d’études secondaires est décerné à ceux qui terminent le nombre prescrit de cours obligatoires et de cours à option »7.


La formation supérieure

L’enseignement post-secondaire (postsecondary studies) se décline en deux systèmes : universitaire et collégial. Les universités dispensent des programmes de 1er, 2e et 3e cycles conduisant au baccalauréat8(bachelor), à la maîtrise (master) et au doctorat (ph.d). Le système collégial « comprend des « colleges », des « institutes » et, au Québec, des cégeps (collèges d’enseignement général et professionnel). Appelés communément « collèges communautaires », ces établissements répondent tous aux besoins de formation des entreprises et du secteur public. Mais aussi aux besoins éducatifs des diplômés du secondaire qui s’orientent vers les carrières professionnelles ne nécessitant pas de formation universitaire », explique Diane Barbaric.
Dispensé dans 325 établissements9 majoritairement publics, l’enseignement post-secondaire n’est plus la chasse gardée des universités privées. Aujourd’hui, « le pourcentage de la population ayant fait des études postsecondaires est l’un des plus hauts parmi les pays de l’OCDE. Le Canada se classe au deuxième rang, presque à égalité avec les Etats-Unis, pour ce qui est des dépenses totales liées à l’éducation postsecondaire », insiste la responsable.


 


Marie-Laure Maisonneuve




(1) Les provinces : la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, l’Île du Prince Edouard, Terre-Neuve et Labrador. Les territoires : le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.
(2) Dirigées chacune par un ministre élu.
(3) De nos jours, les trois quarts de la population parlent l’anglais. Le quart restant, le français. Si la plupart des francophones vivent au Québec, il existe également des minorités francophones dans toutes les régions du Canada. Les plus importantes se trouvent en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba. Voir le site : www.fcfa.ca
(4) équivalente à notre grande section de maternelle.
(5) Il existe également des écoles privées ou indépendantes (confessionnelles ou pas). Tenues de satisfaire aux normes fixées par le ministère de l’éducation, elles offrent un large choix d’enseignements optionnels. Elles sont généralement payantes.
(6) La plupart des ministères proposent un cycle intermédiaire (1 ou 2 ans) faisant la passerelle entre le primaire et le secondaire. L’obligation scolaire est de 11 à 13 ans selon si l’élève passe par ce cycle intermédiaire.
(7) Source : Conseil des Ministres de l’Education (Canada)
(8) Le baccalauréat canadien désigne un diplôme d’études supérieures décerné après trois ou quatre ans d’études universitaires, selon le programme choisi. Il existe des baccalauréats spécialisés (honours bachelors) dont la majorité des cours portent sur une même discipline, et des baccalauréats avec  « majeure » et « mineure ». Le baccalauréat canadien correspond à un premier cycle européen.
(9) Offrant des diplômes, certificats et attestations d’études collégiales ainsi que des grades associés.

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