Une autonomie à la carte pour les universités

- L’avant-projet de loi présenté mardi 19 juin provoque de vives réactions de la part des syndicats

L’avant-projet de loi sur l’autonomie des universités -composé de 32 articles- a été présenté hier mardi 19 juin 2007, aux membres du groupe de travail « gouvernance des universités ». Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déclaré que cet avant-projet de loi « marque le réengagement de l’Etat dans la politique universitaire ».

Il prévoit notamment une autonomie à la carte et la possibilité d’un transfert, par l’Etat aux établissements, « de la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition ». Il propose également un renforcement du pouvoir des présidents d’universités et une réduction de la taille du Conseil d’administration, notamment la représentation des étudiants. Par ailleurs, les conditions d’accès aux formations de deuxième cycle seront déterminées par le Conseil d’administration de l’université.

Les réactions syndicales ne se sont pas fait attendre. Ainsi, l’UNEF parle de « provocation inacceptable » et menace d’une rentrée universitaire « très offensive » si le texte n’est pas modifié. La FSU estime pour sa part que « ce texte fait exploser les cadres disciplinaires en matière de recrutement des enseignants-chercheurs. Il multiplie la précarité des emplois. Il introduit la sélection à l’entrée du master. Il étouffe la démocratie universitaire dans des instances réduites ».

« C’est une douche froide pour nous, d’abord parce que depuis un mois, on s’est engagé de manière très volontaire, très positive, et constructive pour négocier une loi. On a fait de nombreuses propositions et on nous présente une loi bâclée », renchérit Bruno Julliard, président de l’UNEF. « Ce que nous prévoyons, c’est tout sauf un désengagement de l’Etat », a tenu à rassurer la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

La dernière réunion des groupes de travail est prévue respectivement mercredi 20 juin et jeudi 21 juin. Le projet de loi doit être examiné par le Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) vendredi 22 juin. Enfin, il doit être soumis au Conseil des ministres le 27 juin prochain et inscrit à l’ordre du jour de la session parlementaire extraordinaire du Parlement, en juillet.

Source : La Tribune, AP, La Provence

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