Abrogation des décrets Robien : qu’en pensent les syndicats ?

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a rencontré lundi à l’Elysée, les syndicats d’enseignants pour discuter des décrets Robien. Nicolas Sarkozy a décidé de les abroger totalement. Mais les syndicats ne sont pas pleinement satisfaits. Pour quelles raisons ?

Le 13 février 2007 étaient promulgués les décrets Robien : deux décrets coup sur coup. Le premier allongeant le temps de travail des enseignants du secondaire -sans contrepartie financière- et le second instaurant leur possible bivalence. Ces mesures avaient suscité un tollé général au sein de la communauté éducative. L’intersyndicale enseignante, unie à 99%, ce qui ne s’était jamais vu, avait réussi à mobiliser 30 % à 50 % de grévistes les 18 décembre et 8 février derniers. Par ailleurs, à l’issue de l’élection présidentielle, les syndicats avaient d’emblée prévenu le nouveau gouvernement : toute négociation sur l’éducation ne pourrait se faire sans une modification au moins partielle des décrets Robien. Le message a donc été bien entendu et le président de la République a été lundi 11 juin au-delà de leurs espérances, puisqu’il a annoncé l’abrogation totale des décrets.



3058 postes en moins



Mais il n’est pas revenu pour autant sur les suppressions de postes, induites par le décret Robien, à savoir 3058 postes en moins pour septembre prochain. Le Snep-FSU a déploré, à l’issue de la réunion hier, que le président de la République ait « refusé qu’un collectif budgétaire soit voté pour recréer les 3 058 postes supprimés » et retenu « la solution des heures supplémentaires […] pour faire face aux besoins d’enseignement » (AEF). Même déception du côté de la FSU, qui regrette « que les 3 058 ETP (équivalents temps plein) économisés au titre du décret Robien ne soient rétablis « que sous forme d’heures supplémentaires ». (AEF) Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a de plus souligné que Nicolas Sarkozy avait indiqué « qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne serait pas remplacé ».

Des ombres au tableau

On le voit, des ombres planent au tableau, et les syndicats n’ont pu s’empêcher, à l’issue de leur rencontre à l’Elysée, de rester sur cette impression de tension. Tension au sujet des suppressions de postes, et surtout de la volonté affirmée par le président de la République de ne pas en créer de nouveaux à l’avenir. Car pour Gérard Aschieri, c’est bien là le problème et il le dit sans détours : « on ne transformera pas l’école sans recrutements » (Les Echos 12/06). Et le manque d’effectifs risque de devenir très rapidement criant. L’Unsa-éducation quant à elle affiche clairement son pessimisme : elle  pressent que le budget de rentrée 2008 pourrait bien être « saignant »… (Les Echos 12/06)

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.