Gustave Monod : enseigner, c’est « inquiéter l’intelligence »

Professeur de philosophie, puis haut responsable au ministère de l’Education, Gustave Monod a tenté, pendant toute sa vie, de faire appliquer les méthodes de l’Education nouvelle 1.

Fils d’un couple de pasteurs protestants de Mazamet, Gustave Monod naît le 30 septembre 1885. Après des études brillantes, il décroche l’agrégation de philosophie en 1912. Pendant deux ans, il enseigne cette discipline à l’école des Roches, une école privée non confessionnelle de l’Eure. Il en profite pour y découvrir les méthodes dites « actives », importées d’Angleterre et marquées par un équilibre entre activités physiques et intellectuelles, c’est-à-dire qui laissent une large part à l’initiative de l’élève. Mais la Première Guerre mondiale met un terme à cette expérience. Mobilisé comme infirmier, son comportement au front lui vaut cinq citations et la Croix de guerre. Gravement blessé en 1918, il doit être amputé d’une jambe, avant de reprendre un poste de professeur un an plus tard.


L’Entre-deux-guerres

Sa conception du rôle de l’enseignant, Gustave Monod l’explique dans un rapport présenté en 1924 : « apprendre à apprendre » et « faire penser, révéler les problèmes, les formuler nettement, plus peut-être que les résoudre et, pour les plus grands, inquiéter l’intelligence plus que la satisfaire ».
Il aura l’occasion de faire appliquer plus largement ces principes à partir de 1933. Puisque, tout en continuant d’enseigner, il devient à cette date, directeur de cabinet d’Anatole de Monzie, le ministre de l’Education. Le Front populaire le porte, trois ans plus tard, à la direction de l’enseignement du second degré. Avec Jean Zay, il contribue à mettre en place les classes expérimentales d’orientation.


Militant jusqu’à la fin de sa vie

Eclate alors la Seconde Guerre mondiale. Très vite, Gustave Monod adhère au comité de vigilance des intellectuels antifascistes, et refuse d’appliquer les mesures anti-juives prises par le gouvernement de Vichy. Démis de son grade d’inspecteur général en 1940, il entre dans la Résistance et devient membre du réseau « Défense de la France ».


Retrouvant son poste de directeur de l’enseignement du second degré à la libération, il crée la commission qui rédigera le plan Langevin-Wallon, ouvre en 1945 les premières classes nouvelles du premier cycle et favorise, la même année, la création des Cahiers Pédagogiques. Il présidera d’ailleurs un temps le comité de rédaction. Après son départ en retraite, en 1951, il demeure un militant actif de l’éducation nouvelle. Jusqu’à sa mort, à Paris, le 25 décembre 1968, il continue à en appuyer les projets.


 


Patrick Lallemant


 


(1) Lire le portrait de Yvonne Hagnauer, figure marquante de l’Ecole nouvelle

Gustave Monod en cinq dates

1912 : Agrégé de philosophie
1933 : Devient directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale


1940 : Entre dans le comité de vigilance des intellectuels
1944 : Prend en charge la direction de l’enseignement au ministère de l’Education nationale
1951 : Fait valoir ses droits à la retraite, mais continue à encourager les projets d’éducation nouvelle

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