Valerie Pécresse : « La loi sur l’autonomie sera au service de l’égalité des chances. »

Annoncée comme l’un des plus grands chantiers du quinquennat, la réforme des universités sera votée dès juillet. En exclusivité, Valérie Pécresse, nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, nous dessine les différents aspects de ce projet de loi dont le très attendu volet sur l’autonomie des universités.

Qu’entendez-vous concrètement par « autonomie des universités » ?

Tout d’abord, la loi sur l’autonomie des universités n’est que le socle de la réforme de l’Enseignement supérieur que nous avons lancé, qui comportera cinq piliers : les conditions de vie étudiante, une réflexion sur les carrières de l’ensemble des personnels de l’université, les conditions matérielles d’exercice de la mission de l’université de l’enseignement supérieur et de la recherche (c’est-à-dire les bâtiments, la sécurité et la mise aux normes), sur le statut des jeunes chercheurs et enseignants chercheurs et enfin un cinquième qui m’a été demandé par les étudiants eux-mêmes, qui portera sur la lutte contre l’échec en premier cycle universitaire. L’autonomie va permettre de donner aux universités une capacité d’action plus forte : dans le recrutement, dans la gestion des crédits … Elle va introduire plus de souplesse.

Cette loi devrait être votée rapidement, dès juillet. N’est-ce pas là, le signe d’un « passage en force » comme le disent les syndicats ?


 


Je récuse ce terme. Nous lançons un mois de concertation sur cette loi autonomie. C’est un sujet sur lequel on discute depuis quinze ans. Les syndicats de personnels et d’étudiants, les présidents d’université, que j’ai reçus, savent ce que ça veut dire, tous savent exactement quels sont les nouveaux pouvoirs qu’il faut donner à l’université pour qu’elle soit plus réactive. C’est une réforme profonde des modes de fonctionnement de l’université, pour que nos universités françaises fonctionnent aussi bien que les meilleures universités européennes.

Que répondez-vous face aux inquiétudes des enseignants qui y voient le risque d' »une université à deux vitesses »?

Je crois qu’il faut regarder la situation actuelle avec lucidité. Les étudiants nous disent : nous sommes à l’université, mais l’université, aujourd’hui, est d’une qualité beaucoup trop hétérogène. Dans le système universitaire aujourd’hui il y a à la fois le meilleur, et puis, il y a aussi des filières où il n’y a pas de débouchés, et des diplômes qui n’ouvrent pas le chemin du marché du travail. La loi sur l’autonomie sera au service de l’égalité des chances. L’un des autres volets de cette grande réforme s’attaque aux carrières de tous les personnels de l’université.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistera ce chantier ?

La réflexion sur les carrières de l’ensemble des personnels est importante pour atteindre la qualité. L’objectif est de rendre plus attractif ces carrières en abordant plusieurs questions comme par exemple l’égalité hommes/femmes, la progression des carrières, ….

Comment remédier à l’inadéquation entre études proposées à la fac et débouchés professionnels ?

C’est une question essentielle qui pose celle de l’orientation des étudiants, mais aussi de la connaissance des filières et de leurs débouchés. Je veux traiter la question de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, et de nombreux syndicats, notamment étudiants, m’ont fait des propositions très intéressantes dans ce domaine : je pense à la mise en place d’une orientation active pour les étudiants qui hésitent, à la refonte des premières années pour aller vers des enseignements pluridisciplinaires. Il faut mieux assister les étudiants dans leurs choix, en rendant l’offre de formation plus claire. C’est probablement un des grands défis de l’université nouvelle que nous voulons construire.


 


Propos recueillis par Lise Bollot

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