« Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d’un adolescent il y a plus de soixante ans face à l’infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd’hui ». L’enseignant, on le voit, ne met nullement en cause les élèves, qui ne sont pas responsables de leur état d’mmaturité. Il poursuit : « Je ne la lirai pas parce que, même âgés de 16 ans, mes élèves ne sont que de petits enfants bien incapables d’appréhender son contenu et resteront sans doute ainsi toute leur vie : ainsi en a décidé notre école ».
Les responsables, ce sont les gouvernements successifs, qui ont fabriqué des programmes où l’on n’apprend plus rien aux élèves. Michel Ségal dénonce une école qui « demande aux enfants de réinventer eux-mêmes les règles d’écriture ou de syntaxe », qui « leur apprend le mépris du patrimoine et la méfiance du passé », qui préfère « demander à des enfants d’analyser des ‘documents’ plutôt que de leur enseigner des dates et des événements ».
Enfin, lire cette lettre est absurde, parce que de toute façon les élèves « ignorent les événements auxquels elle se réfère », et que « l’école a délibérément détruit l’autorité qui pourrait permettre une lecture et une écoute attentives ».

Le constat dressé par l’enseignant est terrible. Pour lui, c’est clair : l’école ne remplit plus sa mission, « instruire ». Alors se demande-t-il, à quoi bon lire cette lettre