Quel discours tenez-vous sur la contraception d’urgence ?

Je vous avouerai que je fais beaucoup plus de publicité aux préservatifs masculin et féminin qu’aux pilules du lendemain. Car celles-ci sont aujourd’hui beaucoup trop utilisées comme un moyen de contraception banal. Or, à moyen ou long terme, y avoir recours de manière excessive se révèlera préjudiciable à l’état de santé des jeunes filles. En même temps, cela vaut toujours mieux que de se retrouver avec une grossesse non désirée en seconde ou en première.

Comment concevez-vous le rôle des personnels de santé par rapport au milieu scolaire ?

Nous avons une approche du sexe que je qualifierai de normale et simple, en tout cas débarrassée des tabous qui l’entourent encore chez de nombreux enseignants. Je comprends d’ailleurs tout à fait qu’un instituteur ou un professeur puisse être mal à l’aise quand il doit parler de sexualité avec ses élèves. D’ailleurs, en général, ils n’assistent pas aux séances. Nous leur servons donc de relais, pour évoquer ces sujets à leur place.

Quelles questions reviennent le plus souvent ?

En ce qui concerne la contraception d’urgence, on me demande souvent quelles en sont les origines, si c’est vraiment important de ne prendre la pilule du lendemain qu’une seule fois dans l’année, s’il faut la prendre systématiquement ou pas après un rapport non protégé, si elle peut avoir des conséquences plus tard sur la vie de femme des élèves…

Quels sont les risques ?

On ne les connaît pas précisément car nous manquons encore de recul. Ce qui est sûr, c’est que ces pilules sont massivement dosées en hormones pour stopper le processus du développement embryonnaire. Un recours occasionnel ne posera pas de problème. C’est moins sûr si le recours devient plus fréquent. Et compte tenu de ces risques, je pense que l’accès à la contraception d’urgence est malheureusement trop facile. C’est pourquoi, encore une fois, je mets beaucoup l’accent sur l’usage des préservatifs ou la pose d’un stérilet.
Propos recueillis par Patrick Lallemant