Selon quels principes un enseignant doit-il choisir un projet pédagogique pour sa classe ?

Un enseignant qui veut inscrire sa classe dans un projet pédagogique lié au développement durable doit toujours et avant tout, s’appuyer sur les programmes. Les documents apportés par ce projet ne sont jamais qu’un outil qui va aider l’enseignant à construire son cours et qui va permettre aux élèves de s’approprier les savoirs. Concrètement, il ne faut pas se laisser séduire par des « kits » d’activités tout prêts, dont le contenu n’est pas toujours en adéquation avec les compétences des élèves et les objectifs de classe. Pilote du projet pédagogique du début jusqu’à la fin, l’enseignant doit veiller à ce qu’il soit en accord avec le projet d’établissement. L’initiative est obligatoirement présentée en conseil d’école (pour le primaire) et en conseil d’administration (pour le secondaire). Enfin, parce que l’EDD est un enseignement pluridisciplinaire, il est toujours préférable que le choix d’un projet soit partagé en amont avec l’équipe éducative.

Quel intérêt existe-t-il à mener des activités éducatives dans le cadre d’une aventure scientifique (comme l’expédition Tara-Artic) ?

Ce genre de projet permet de former les élèves à la démarche scientifique dans des conditions réelles, en lien direct avec l’actualité. Les élèves abordent l’apprentissage autrement que dans les livres : l’enseignement est un peu « déconnecté » de l’école, plus ouvert sur l’extérieur et sur les médias. Les activités proposées visent à développer l’esprit critique des élèves. C’est précisément le cas des projets pédagogiques liés à l’expédition Tara-Artic qui tente d’expliquer comment les pôles enregistrent les changements climatiques de manière plus radicale que les autres régions de la Terre.

L’école doit-elle obligatoirement travailler en partenariat dans le cadre d’un projet d’EDD ?

Ce n’est pas obligatoire mais souvent très utile. Selon les orientations du projet, le ou les partenaires5 peuvent apporter une expertise, des supports matériels, des occasions de sortie, des moyens financiers ou logistiques que l’école ne possède pas. Visiter une usine de traitement des déchets, aller faire de la géologie in situ, utiliser des installations… Le partenariat permet une confrontation des opinions autour d’un projet commun : les élèves écoutent une autre voix que celle de l’école, même si le professeur se réserve le droit d’avoir le dernier mot ! D’ailleurs cette forme d’ouverture n’est valable que si elle émane d’une volonté de l’enseignant et non du partenaire. Là encore, ce n’est pas à ce dernier à fixer la nature des activités ou l’objectif du projet. La collaboration doit être dirigée par l’enseignant.

Quelles sont les démarches à faire pour engager son établissement dans un partenariat ?

Facilitées par une récente circulaire6, ces démarches consistent à : choisir son ou ses partenaires (en privilégiant les structures de proximité), prévoir les financements (en sollicitant le maire de la commune pour les écoles, le gestionnaire d’établissement voire le foyer socio-éducatif pour les collèges et les lycées), étudier le volet « travailler ensemble » avec le ou les partenaires envisagés. Ces trois étapes doivent être conduites par l’enseignant dans un souci constant d’évaluation du partenariat. Cela en multipliant les échanges autour des objectifs, des valeurs et des moyens mis en place par le ou les partenaires. Si dans le primaire, toute demande de partenariat doit être soumise à l’IEN, elle doit, dans le secondaire, faire l’objet d’une convention signée par le chef d’établissement, l’enseignant et le partenaire.


 


Propos recueillis par Marie-Laure Maisonneuve


 


(1) Voir le site du CRDP
(2) Voir le site pédagogique consacré à l’exposition.  
(3) Éducation en vue du Développement Durable. Lire aussi notre article En pratique du 30/03/07 : « développement durable : une éducation au choix »
(4) Voir le site de l’Académie de Paris  et la brochure.  
(5) Institutionnels, le plus souvent, voir la liste d’agrément.
(6) Voir le BO n°14 du 5 avril 2007 (seconde phase de généralisation de l’éducation au développement durable).