UNESCO : « L’Education, une responsabilité pour la société entière »

L’édition 2007 de la Semaine d’action mondiale en faveur de l’éducation se déroule du 23 au 29 avril à l’initiative de Global Campaign for Education, une organisation qui regroupe des ONG et des syndicats d’enseignants dans plus de 150 pays. Ana Luiza Machado, ancien directeur du Bureau régional de l’éducation de l’UNESCO à Santiago du Chili, et actuel sous-directeur général adjoint à la gestion du programme en matière d’éducation de l’UNESCO, répond à nos questions.

Le principal message de l’édition 2007 de la Semaine mondiale d’action est « l’éducation, un droit humain », pourquoi ce message ?

Il s’agit de démontrer que l’éducation est un droit fondamental et un bien public auxquels chacun a droit. Pas seulement en termes d’accès, mais aussi de succès : il faut sortir du système éducatif avec les qualités qui permettent de devenir un bon citoyen et une personne autonome. Dans chaque pays du monde, nous tentons d’impliquer les ONG, la société civile et les étudiants. Le thème de cette année insiste sur la responsabilité sociale vis-à-vis de l’éducation. Ou autrement dit, l’éducation en tant que responsabilité pour la société entière.

Quelles sont les principales manifestations organisées pendant la Semaine mondiale d’action ?

Nous avons mobilisé tous nos partenaires – les ministères de l’éducation, les ONG, les agences multilatérales et les pays donateurs – afin de faire passer le message que l’éducation doit être adaptée avec un souci de qualité et de respect des besoins des étudiants. Mais nous voulons aussi insister sur le fait qu’elle est destinée à tous, même à ceux qui ont été exclus du système scolaire à un moment ou à un autre. Par ailleurs, l’UNESCO veut développer la prise de conscience que nous ne pouvons accepter les attaques ciblées à l’encontre du personnel éducatif. Le 27 avril, nous publierons une étude de l’UNESCO sur ces attaques et nous organiserons une conférence de presse et un séminaire consacré à ce sujet.

Quels sont les objectifs d’Education pour Tous1 et pourquoi le temps presse-t-il pour les atteindre ?

De l’éducation primaire obligatoire et gratuite à la réduction de l’illettrisme, ces objectifs sont au nombre de six2 et ils incluent l’exigence de qualité. C’est difficile à réaliser d’ici 2015. Dans certains pays, les enfants ne sont même pas tous inscrits à l’école3. Dans d’autres, les taux d’abandon sont fréquents. Nous sommes actuellement à mi-parcours quant à la réalisation des objectifs et il faut redoubler d’efforts dans tous les pays. Nous pensons, avec tous nos partenaires et notamment les donateurs, que nous devons nous concentrer sur les états principalement sur les pays les moins en avance, comme ceux d’Afrique et d’Afrique subsaharienne qui risquent de ne pas réussir à les atteindre.

Quels sont les principaux obstacles rencontrés par l’UNESCO et les gouvernements ?

L’un des principaux défis est le manque de ressources financières et humaines, mais aussi le défaut d’efficience de ces ressources. Il faut soutenir les pays dans l’amélioration de leurs politiques d’éducation, les aider à les planifier et évaluer les résultats de leurs actions. Je prête une attention particulière à la place des enseignants, leurs conditions de travail et le soutien dont ils bénéficient pour bien poursuivre leur mission. Sans de bons professeurs, motivés et bien préparés, il me semble très difficile d’améliorer la qualité de l’éducation.

Comment les enseignants français peuvent-ils participer à ce processus ?

Je pense qu’en France, les enseignants sont particulièrement bien préparés à leur mission. Pas seulement dans le strict enseignement de leur matière, mais aussi d’une manière plus globale. Cette expérience est importante et pourrait être utilisée dans d’autres pays. Ce que fait l’UNESCO, c’est étudier ces expériences positives et aider à les propager, notamment par des publications et des échanges de professeurs.


 


Propos recueillis par Laurence Soustras


 



(1) Education pour tous, engagement pris par la communauté internationale en 2000 au Forum mondial de l’éducation, à Dakar, fait l’objet d’un suivi régulier et d’un rapport annuel indépendant , publié par l’UNESCO. 
(2) Ces six objectifs sont : le développement et l’amélioration de la protection et l’éducation de la petite enfance, l’accès de tous les enfants à un enseignement primaire obligatoire et gratuit, la réponse aux besoins éducatifs de tous les jeunes et adultes, l’amélioration de 50% du niveau d’alphabétisation des adultes, notamment des femmes, l’élimination des disparités entre sexes dans les enseignements primaire et secondaire, l’amélioration de la qualité de l’éducation.
(3) L’UNESCO estime à 77 millions le nombre d’enfants en dehors du système scolaire. Autre chiffre : 781 millions d’adultes sont analphabètes.

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