Développement durable : une éducation au choix

La première semaine d’avril est consacrée « semaine du développement durable « par le ministère de l’Ecologie. Charles Boulland, président du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement du Cotentin et enseignant en SVT, décline les problématiques du développement durable1 en animations pour enfants et adolescents.

Comment fonctionnent les Centres permanents d’initiatives pour l’environnement2 (CPIE) ? Quelles sont vos valeurs ?

Les CPIE sont des associations présentes dans 21 régions françaises et 64 départements. Il existe 78 CPIE, ancrés dans un territoire, indépendants les uns des autres, mais partageant des valeurs communes : soutenir un développement qui tient compte des générations futures et encourager le développement le plus harmonieux possible.

Votre association propose, dans le cadre des cours consacrés à l’EEDD3, des animations sur le développement durable. En quoi consistent-elles ?

La plupart du temps, nos animations se passent sur le terrain à travers des études de cas. Mais les animations sont différentes selon que l’on s’adresse à des enfants ou à des adolescents. Pour les plus petits, on en reste au stade de la découverte et de la sensibilisation. On leur expose, par exemple, un patrimoine biologique présent sur un territoire et on leur fait comprendre que la biodiversité est une chose importante. Pour les adolescents, notre approche est plus systémique. On peut leur expliquer ainsi l’interdépendance entre des modes de consommation, la production de déchets, la disparition de la biodiversité…

Concrètement, quels types de situations pédagogiques mettez-vous en place ?

Nous avons posé la question suivante à une classe de 6eme : êtes-vous d’accord avec l’implantation d’une usine dans la commune ? Les élèves étaient dans l’ensemble d’accord parce qu’il y avait de chômage dans la ville. Puis la question de l’endroit où devait se trouver l’usine a été évoquée. Majoritairement, ils ont placé l’usine aux confins de la ville. Avec l’enseignant, nous les interrogeons sur les choix qu’ils ont faits : est-ce qu’ils ont pris en compte le bois situé sur la commune voisine ? Est-ce qu’une usine à cet endroit n’hypothèque pas le futur plan d’aménagement urbain ? Il s’agit de leur faire comprendre que leurs choix ont des conséquences, parfois à long terme, sur l’environnement : voilà ce que c’est, éduquer à l’éco-citoyenneté !

Les CPIE proposent des formations au développement durable : tous les enseignants peuvent-ils s’y inscrire ?

Tout d’abord, il existe des formations internes à l’Education nationale. Dans l’académie de Caen, par exemple, chaque collège et chaque lycée doivent envoyer deux professeurs de deux matières différentes pour une formation de deux jours à l’EEDD. Il existe également une demande forte des enseignants pour des formations au CPIE. Ils viennent nous voir parce qu’avant d’être des enseignants, ce sont des personnes qui veulent s’inscrire dans une démarche citoyenne. Notre objectif n’est pas uniquement de former des enseignants de SVT et d’histoire-géographie.


 


Propos recueillis par Hanna Mbonjo


 



(1) Parmi les nombreuses définitions du développement durable, on peut retenir celle de Gro Harlem Brundtland dans le rapport de l’ONU intitulé « Notre avenir à tous » (1987) : « Le développement durable est un développement qui correspond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
(2) Il existe plusieurs réseaux d’éducation à l’environnement travaillant sur le thème du développement durable : L’office français de la fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe (L’OFF-FEEE), le Réseau Ecole et Nature, France Nature Environnement (FNE). 
(3) : L’Education à l’environnement pour un développement durable (EEDD) a été généralisée à la rentrée 2004. La circulaire du 8 juillet 2004 rappelle que l’EEDD « doit être une composante importante de la formation initiale des élèves (…) pour leur permettre [de] se situer dans leur environnement et [d’] y agir de manière responsable. » A ce sujet, voir le B.O n° 28 du 15 juillet 2004. Pour des définitions et un récapitulatif des enjeux de l’EEDD voir l’espace consacré sur Eduscol. 
(4) : La note de service du 4 novembre 2005, parue au BO n°41 du 10 novembre 2005, encadre l’EEDD et rappelle que « l’éducation au développement et à la solidarité internationale vise à faire comprendre les grands déséquilibres mondiaux et à encourager la réflexion sur les moyens d’y remédier. »

L’éducation au développement durable : une façon d’apprendre à choisir ?

L’éducation au développement durable tente de mettre différentes problématiques en balance4. Par exemple, lorsque l’on produit des déchets, on doit prendre en compte un fonctionnement de société (la société de consommation produit des détritus) et des facteurs environnementaux. Ainsi, si je produis des déchets, je dois nécessairement les enfouir dans un endroit qui n’était pas prévu à cet effet : que vont devenir la flore et la faune à cet endroit ? Il s’agit d’aller vers une éducation au choix la plus fouillée possible.

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