Avant d’intégrer la direction de l’Education, Claudine Paillard a appartenu à un service chargé des zones d’aménagement concerté. Elle s’est ensuite occupée du développement économique au sein de l’agglomération de communes, avant de travailler à la direction d’un service de logement social. Rien à voir, donc, avec une carrière d’enseignant ! «Un directeur de l’Education, c’est d’abord un fonctionnaire de collectivité territoriale, de la filière administrative. A ce titre, après trois ou quatre ans d’université, il a passé un concours de niveau A de la Fonction publique et s’est forgé une solide expérience en naviguant dans plusieurs autres services.»


 


Une véritable entreprise


 


Mise en œuvre des projets, direction d’équipes, entretien du patrimoine immobilier, gestion de budgets, relations avec les autorités académiques, les directeurs d’écoles, les parents d’élèves… les missions de la DEE sont multiples et placent Claudine Paillard à la tête d’une véritable entreprise. «Dans une ville comme Rennes, on compte 90 écoles, soit 1350 salles de classes de 50 m². Je suis donc, entre autres, chargée de la maîtrise d’ouvrage concernant tous ces locaux.» Du reste, lorsqu’un directeur d’école est nommé à un nouveau poste, son premier réflexe consiste souvent à contacter le directeur de l’Education. «Nous l’aidons à régler les questions matérielles, qu’il s’agisse d’acheter des fournitures, d’organiser les inscriptions à l’école ou la restauration scolaire…» Autres interlocuteurs privilégiés, les autorités académiques. Deux ou trois fois par an, Claudine Paillard en rencontre les responsables. Au menu des conversations, la carte scolaire, l’accueil des enfants handicapés ou la délimitation des Zep… Par delà ces aspects purement pratiques, la direction de l’Education d’une commune peut avoir une réelle influence sur la politique éducative menée dans la ville : «Selon les budgets que nous allouons, les opérations que nous décidons de subventionner, nous avons évidemment un impact sur la vie scolaire des enfants»


 


Appliquer une politique


 


Mais la directrice de l’Education est également chargée de s’occuper des quelque 13.000 jeunes rennais en dehors de l’école. «L’éducation, au sens large, concerne aussi tout le périscolaire : l’organisation d’accueil ou d’activités pour les enfants le matin, le midi, le soir, les mercredis ou pendant les vacances.» Claudine Paillard n’oublie toutefois jamais que son domaine relève exclusivement de l’application d’une politique définie par d’autres. «Je suis en relation permanente avec l’adjoint chargé de l’Education. Nous apportons notre point de vue technique. Mais parfois, certaines contingences extérieures nous échappent et l’équipe municipale nous demande de revoir notre copie. Il faut alors avoir l’esprit ouvert. Mais c’est ce qui rend notre métier intéressant.»


 


Patrick Lallemant