Pour réaliser cette étude, les auteurs ont soumis, en 2005, 3000 élèves du CM2 à la 3e à une dictée extraite du Traité de l’existence de Dieu de Fénelon. Leurs résultats ont été comparés à ceux d’un échantillon équivalent, qui avait fait la même dictée en 1987. Il en ressort que les élèves d’aujourd’hui font en moyenne 13 fautes dans ce texte de 83 mots, contre 8 deux décennies auparavant.

« Si le ‘zéro faute’ est en voie d’extinction, n’est-ce pas parce que dans notre monde de l’image, l’écrit et l’orthographe ne sont plus des priorités? » s’interrogent Danièle Manesse et Danièle Cogis.

Ce n’est pas l’unique raison. Danièle Manesse, dans le cadre d’une interview qu’elle a accordée à l’AEF le vendredi 9 février, met en cause le mode d’enseignement actuel. Il s’est en effet beaucoup appuyé sur « des pratiques reposant sur l’intelligence de l’enfant et l’induction-déduction, qui n’accordent pas forcément le temps nécessaire à la capitalisation ».
Or poursuit-elle, « l’enseignement de l’orthographe doit reposer sur des automatismes, un peu comme les gammes permettent d’entrer en musique ».
Elle déplore aussi la baisse considérable du nombre d’heures hebdomadaires consacrée au français au collège : on est passé de 7h dans les années 70 à 4h30 aujourd’hui.

Quelles solutions pourraient alors être envisagées pour lutter contre cette chute du niveau ?
Tout d’abord surtout pas un retour à « une dictée par jour », mais plutôt une « dictée par mois ».
Danièle Manesse propose également une simplification de l’orthographe, par exemple celle des « doubles consonnes ou des lettres grecques ».

Simplifier, simplifier…

Simplifier l’orthographe, puis les maths, puis la physique, puis la philo…

« On ne pourra bien dessiner le simple qu’après une étude approfondie du complexe ».
C’est Gaston Bachelard qui le dit (dans Le Nouvel Esprit scientifique)