Des élèves promus médiateurs

Depuis une dizaine d’années, des élèves volontaires sont formés à la résolution des conflits. Pour Brigitte Liatard, co-fondatrice de l’association « Génération médiateurs », désamorcer une situation de violence ou de tension demande d’avoir préalablement acquis des compétences.

Pour amener des élèves à accepter d’endosser la responsabilité de médiateur, par quoi faut-il commencer ?


 


La première chose à faire consiste à impliquer le plus d’intervenants possibles dans la formation et l’accompagnement des jeunes : enseignants, CPE, infirmières, assistantes sociales, assistants éducateurs et même parents d’élèves… Ainsi, quand on nous demande d’aller former des jeunes médiateurs quelque part, nous refusons. En effet, pour que le processus fonctionne, tous les adultes doivent eux-mêmes vivre les étapes par lesquelles ils feront ensuite passer les élèves.


 


Quelles sont ces étapes ?


 


La progression s’articule autour de huit paliers. Les sept premiers aident les jeunes à mieux résoudre leurs propres conflits : travail sur la connaissance de soi, observation de la violence, capacité à réagir dans les situations difficiles, exercices de communication, mises en situation… Dans un dernier temps, les élèves volontaires sont formés à la médiation proprement dite, avec un travail très important auquel il faut bien s’entraîner : la reformulation.


 


Quel type de matériel utilisez-vous ?


 


Il s’agit essentiellement de questionnaires et de sondages, adaptés à toutes les tranches d’âge du primaire au lycée. Il y a, par exemple, une enquête qui amène les élèves à se promener pendant une huitaine de jours dans leur établissement. Ils doivent établir une estimation du nombre d’actes de violence, bagarres ou insultes dont ils sont témoins ou victimes. Les résultats sont ensuite mis en commun, ce qui permet de constater que tout le monde n’a pas la même perception des événements ni la même sensibilité. Il y a aussi des dessins à double interprétation. Ils permettent de se rendre compte que, face à une situation, on peut avoir deux visions différentes et avoir tous les deux raison.


 


Combien de temps faut-il pour former un médiateur ?


 


Si l’on veut faire un travail vraiment complet, il faut compter une douzaine d’heures de sensibilisation avec l’ensemble des jeunes, auxquelles s’ajouteront éventuellement les trois ou quatre heures de formation à la médiation. La première partie peut être travaillée en classe avec les professeurs de français, d’anglais. Il est également possible d’organiser des ateliers entre midi et quatorze heures, ou d’y consacrer trois demi-journées après la rentrée, avant les vacances de la Toussaint et avant celles de Noël… Car le jeu en vaut la chandelle : certains établissements appliquent cette méthode depuis huit ou neuf ans. Ses effets sont rapidement sensibles : au bout de trois mois, attitudes et résultats scolaires ont déjà nettement évolué.


 


Propos recueillis par Patrick Lallemant 


 


Photo:D.R « Génération médiateurs »

Concrètement, comment entreprendre cette démarche ?

Le mieux est d’obtenir le soutien du chef d’établissement avant de nous contacter. Ensemble, nous formerons alors une équipe d’une douzaine d’adultes, avec laquelle nous organiserons un stage. Cette étape me semble indispensable. En effet, l’essentiel du matériel que nous employons est disponible sur Internet. Mais il demande des explications sur la façon de l’utiliser.

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