Décharges horaires : 30 000… ou 80 000 ?

Enseignants et syndicats sont mobilisés contre la suppression des décharges horaires. Le projet de décret visant à sa mise en place soulève un tollé généralisé dans la communauté éducative et … dans notre sondage ! Où en est-on à ce jour ?

Le résultat du sondage VousNousIls (en cours, sur la page d’accueil) concernant la suppression des décharges horaires des enseignants de lycée (suppression de l’heure hebdomadaire dite de « première chaire ») est sans appel. Sur près de 4000 votants, 95% des personnes ayant répondu la trouvent « injustifiée ». Un projet de décret est actuellement soumis au Conseil d’Etat pour mettre en place cette mesure. Il devrait être signé par Gilles de Robien d’ici la fin du mois et limiterait l’octroi d’une décharge horaire aux professeurs enseignant au moins 6 heures une discipline donnant lieu à une épreuve du bac cette année.
Aujourd’hui, 100 000 enseignants bénéficient de cette décharge. Or 30 000 d’entre eux devraient se la voir supprimer dans le cadre du décret. Quasiment tous professeurs en première. La raison invoquée par le gouvernement est simple : cette décharge n’est plus justifiée car ils ne préparent pas -dans le système actuel- leurs élèves à une épreuve du bac. D’ailleurs, ils préfèrent généralement percevoir une indemnité d’heure supplémentaire plutôt qu’effectuer une heure de moins.

Le bac en deux parties a disparu depuis 1964


La DGRH (Direction générale des ressources humaines du ministère de l’Education nationale) a ainsi expliqué en octobre dernier que « le dispositif des heures de 1ère chaire de 1950 était adapté au baccalauréat en deux parties, supprimé en 1964 ». Par conséquent, cette heure supplémentaire n’a plus lieu d’être, presque toutes les épreuves du bac se déroulant à l’issue de la terminale. « La prise en compte de cette charge de travail supplémentaire liée aux épreuves du baccalauréat (« bacs blancs », corrections de copies…) conduira à accorder une heure de réduction de service » aux enseignants concernés et à eux seulement, a-t-elle donc conclu.
Et pour les autres, la suppression de l’heure de chaire hebdomadaire donnera tout simplement lieu à une perte de salaire annuelle de 1000 à 1500 euros…

Un tollé général

Les syndicats n’ont pas manqué -unanimement- de réagir. L’appel à la grève le 18 décembre a été largement entendu. La Société des Agrégés elle-même s’est déclarée solidaire de la grève, après avoir dénoncé le « caractère insupportable de propositions consistant à alourdir la charge de travail d’un grand nombre de professeurs tout en diminuant leur rémunération ». Enfin, le SNES-FSU a souligné, le 5 janvier dernier, une omission volontaire du gouvernement : il aurait oublié que « la quasi-totalité des enseignants de lycée interviennent sur deux ou trois des niveaux de seconde, première et terminale ».
Dans ce cas, « ce [seraient] tous les enseignants de lycée qui [seraient] visés dans la mesure où très peu d’entre eux assurent en terminale 6 heures ouvrant droit à la première chaire ». Pour le syndicat, le chiffre de 30 000 est bien inférieur à la réalité. Si l’on prend en compte justement l’ensemble des professeurs de lycée sur plusieurs niveaux, il s’élève non plus à 30 000, mais à 80 000 !
Est-ce que les enseignants du secondaire, bac ou pas à la fin de l’année scolaire, méritent réellement cette décharge, au vu de leur temps de travail, préparations et corrections comprises ? Telle est la véritable question à résoudre.

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