Quels sont les objectifs de cette réglementation ?

Cette circulaire définit les conditions d’application du décret de janvier 2006 3 relatif à la sensibilisation à la prévention des risques, aux missions des services de secours, à la formation aux premiers secours et à l’enseignement des règles générales de sécurité. Ses objectifs sont de généraliser l’éducation à la responsabilité dans l’ensemble des écoles, des collèges et des lycées, de manière à permettre aux élèves d’acquérir des compétences sociales et civiques et de développer une attitude citoyenne. Cette éducation concerne tant les domaines de la sécurité, de la santé que de l’environnement. De quoi donner aux enfants et aux jeunes, futurs citoyens, les capacités nécessaires pour se préserver eux-mêmes et agir, au quotidien, dans un esprit d’entraide et de solidarité.

Précisément, comment s’articule cette démarche globale d’éducation ?

L’éducation à la responsabilité comporte trois volets pédagogiques complémentaires : sensibilisation, enseignement et formation. La sensibilisation des élèves à la prévention des risques et l’enseignement des règles générales de sécurité doivent s’échelonner sur toute leur scolarité. Cette éducation s’effectue dans le cadre des programmes et implique obligatoirement des mises en situation ; par exemple, lors d’exercices d’évacuation et de mise en sûreté … Des actions de sensibilisation et de prévention peuvent également être menées par les enseignants dans le cadre de projets spécifiques 4. La formation aux premiers secours devient elle aussi obligatoire. Elle doit être progressive et continue. Dispensé dès le primaire par les enseignants des écoles, l’apprentissage APS (apprendre à porter secours) 5 se poursuit désormais au collège, jusqu’à l’obtention de l’attestation de formation aux premiers secours (AFPS), puis au lycée sous la forme d’un recyclage des connaissances.

Concrètement, de quelles façons ces sensibilisations et enseignements peuvent-ils s’inscrire dans les programmes scolaires ?

Il ne s’agit pas d’alourdir les programmes en leur additionnant une palette de formations isolées des autres enseignements. Au contraire, il est essentiel que l’éducation à la responsabilité s’inscrive dans les différents apprentissages déjà en place et contribue, de fait, à leur donner du sens. À l’école, on peut aborder le risque majeur en géographie ou en éducation scientifique, on peut travailler le vocabulaire spécifique des alertes en séance de maîtrise du langage… Au collège et au lycée, cela est parfaitement faisable dans l’ensemble des champs disciplinaires dans la mesure où c’est un enseignement en prise directe avec le quotidien des élèves. Par exemple, appréhender le risque sismique, savoir réagir aux secousses locales peut parfaitement être enseigné en cours de SVT ou de physique, tel que cela se pratique déjà dans l’académie de Nice. Il en est de même pour la sécurité routière, le risque incendie ou encore les dangers domestiques.

Et concernant la formation aux premiers secours ?

Dans le primaire 6, l’enseignement des principes simples de secourisme est prévu dans les programmes 7. Il se répartit en trois étapes progressives (une par cycle pédagogique) et vise à ce que tout élève rentrant au collège sache identifier un danger, effectuer une alerte complète et installer une personne en position d’attente. Une nouvelle version de la brochure pédagogique intitulée «apprendre à porter secours» 8 sera diffusée dans l’ensemble des écoles avant la fin de l’année afin d’aider les enseignants à mener à bien ces formations, à suivre et à évaluer les acquis des élèves. La fiche de suivi qui rend compte du travail conduit dans le primaire est insérée dans le livret scolaire de l’élève. Au collège, la formation de l’élève aux premiers secours 9 peut s’étaler sur quatre ans ou simplement sur les deux dernières années en fonction du contenu du projet d’établissement. Dispensées et validées par des titulaires du brevet national de moniteur des premiers secours (ou du brevet national d’instructeur de secourisme), ces formations peuvent se dérouler en SVT et en EPS.

Marie-Laure Maisonneuve

(1) Circulaire du 24 mai 2006 parue au J.O. 163 du 16 juillet 2206.

(2) Direction de l’enseignement scolaire

(3) Décret n° 2006-41 du 11 janvier 2006

(4) Projets d’école, projets d’établissement, projets pédagogiques à caractère professionnel (PPCP), projets de vie scolaire…

(5) Le dispositif APS a été initié en 1997 avant de faire l’objet d’une convention en 2003, voir le B.O. n°46 du 11 décembre 2003

(6) Voir l’annexe 1 de la circulaire du 24 mai 2006

(7) Conformément à l’arrêté du 25 janvier 2002

(8) Collection « Repères »

(9) Voir l’annexe 5 de la circulaire du 24 mai 2006