Les PPRE : un nouveau plan de soutien pour les élèves

Régis Daufast a participé aux travaux du groupe de réflexion constitué avant la mise en place des PPRE (Programmes personnalisés de réussite éducative) dans les collèges. Le collège de Staël, dans le quinzième arrondissement de Paris, dont il est proviseur, fait partie des établissements pilotes pour ce projet.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous investir dans ce projet ?


 


En accord avec l’inspection, j’ai mis en place l’an dernier un dispositif expérimental de soutien pour les élèves de sixième. Nous n’avons pas été immédiatement convaincus de son efficacité, mais l’évaluation pratiquée en fin d’année nous a prouvé le contraire. Les douze élèves que nous avions suivis avaient tous progressé, pour la plupart de façon très significative. Ce dispositif ne concernait qu’une matière, le français. Il a séduit l’Inspecteur pédagogique régional de Lettres, qui a souhaité m’associer au groupe de travail sur les PPRE. A la rentrée, dans le cadre de ce projet, nous avons étendu l’aide à toutes les disciplines et aux classes de cinquième.


 


Comment repérez-vous les élèves en difficulté ?


 


Ils peuvent nous être signalés dans le cadre de la liaison CM2-6ème. Nous utilisons également les résultats de l’évaluation Jade, à laquelle nous procédons à l’entrée en 6ème. Enfin, l’initiative peut venir directement des professeurs. Ces trois sources d’information nous permettent de repérer les élèves susceptibles de bénéficier d’un PPRE. Nous demandons ensuite leur accord à ces élèves et à leurs parents. En effet, l’une des particularités de ce dispositif fondé sur le volontariat est d’être individuel et contractualisé.


 


Cela signifie que les élèves signent un document écrit ?


 


Absolument. Toutes les parties concernées signent un petit livret qui mentionne la difficulté à résoudre, l’objectif à atteindre et la durée au terme de laquelle l’élève doit avoir acquis la compétence attendue. En général, celle-ci se situe autour de six semaines. A la date fixée, nous procédons à une nouvelle évaluation, en présence des parents. Si l’objectif n’est pas atteint, ou s’il faut résoudre une autre difficulté, rien ne nous empêche alors d’entamer un nouveau PPRE.


 


Concrètement, comment l’aide est-elle apportée ?


 


Un professeur prend en charge deux heures hebdomadaires, en supplément des heures de cours, prélevées sur le volant global des heures de soutien1 pour prendre en charge un élève ou un petit groupe d’élèves. Ce qui est important, surtout, c’est de rechercher l’origine de la difficulté. Par exemple, il est inutile d’apprendre à un enfant comment calculer l’aire d’un carré, s’il ne sait pas ce qu’est un carré ! Nous avons donc limité l’effectif du groupe à huit, afin de permettre un suivi très individualisé. L’idéal serait, le cas échéant, de pouvoir y affecter plusieurs enseignants. Mais, pour l’instant, nous n’en avons pas les moyens. A terme, nous envisageons également d’étendre les programmes aux classes de 4ème2, les troisièmes bénéficiant déjà de dispositifs spécifiques, tels que les trois heures hebdomadaires de découverte professionnelle.


 


Propos recueillis par Patrick Lallemant


 


1) Les documents officiels ne donnent pas de directives quant aux dotations horaires pour les professeurs impliqués dans un PPRE. Concrètement chaque établissement agit au cas par cas.  


2)Pour l’année scolaire 2006-2007, le dispositif concerne en priorité les classes de CP, CE1 et 6ème, ainsi que tous les élèves redoublants. Il doit être étendu en 2007-2008 aux CE2,CM1,CM2, 5ème et 4ème.

Y a-t-il d’autres intervenants que les parents et les enseignants ?

Le personnel médico-social est en effet associé au projet, pour repérer les difficultés qui ne relèvent pas directement de la pédagogie. En liaison avec les enseignants, il peut, dans le cadre d’un PPRE, rencontrer des élèves pour les aider à résoudre des problèmes d’ordre psychologique ou médical. Mais on se situe dans ce cas à la limite du dispositif.

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