Andrés Urrutia, la passion de la langue basque

Professeur, notaire et traducteur : Andrés Urrutia, qui est en outre président de l’Académie de la langue basque, a plusieurs casquettes. Amoureux de l’Euskera, (la langue que partagent les Basques, de Bilbao à Bayonne), Urrutia défend une conception ouverte du langage qu’il veut transmettre à tous, à commencer par ses élèves.

Si Andrés Urrutia parvient à slalomer entre le notariat, l’enseignement, et la traduction, c’est que ces trois métiers sont autant de sources d’intérêts croisés. Pour lui, « c’est une continuité : en tant que notaire, je suis en contact avec une population bilingue, bascophone et hispanophone, ce qui est un premier pas vers l’enseignement universitaire aux futurs juristes qui devront travailler en basque et en espagnol. Cela me permet également d’établir un pont entre deux langues, et de normaliser la présence de l’Euskera -la langue basque- dans le monde du droit ».


 


Trois choix de vie


 


Le choix du notariat pour Andrés Urrutia ? Un moyen, selon lui, de connaître en profondeur sa région et les gens qui la composent. Depuis 25 ans, il arpente en tant que notaire les collines du Pays basque. Andrés Urrutia a « modelé sa personnalité » de village en village, d’affaires de successions en actes de mariage ou de divorce.


Andrés est également issu d’une longue tradition familiale liée à l’enseignement : chez lui, on est instituteur de père en fils. Alors il parle du professorat avec une émotion particulière. Ce qui le motive c’est « la possibilité de communiquer avec les nouvelles générations ». Professeur depuis 1987 à l’université de Deusto de Bilbao, Andrés Urrutia a commencé par enseigner le basque avant de donner des cours de droit. Amateur de randonnées, il définit son rôle comme celui d’ « un guide qui oriente et transmet des règles à l’étudiant » mais qui doit aussi faire partager « des valeurs », et « le goût » de l’apprentissage.


Andrés, qui se confesse « bibliophile et bibliomane », est aussi depuis 1989 traducteur professionnel. En basque, il a traduit, par exemple, les œuvres de Joyce et de Tolkien. Mais son écrivain préféré est un galicien, Xose Luis Mendez Ferrin. 


 


Une position courageuse


 


Sa nomination en 2005 comme président de l’ Euskaltzaindia, l’Académie de la langue basque, est sans doute la consécration de son amour pour l’Euskera. Pour lui, le défi est clair : adapter sa langue à la vie moderne « pour éviter qu’elle soit reléguée au musée des antiquités ». Il note déjà une grande réussite : la création du batua, une langue basque unifiée que l’on enseigne de Bilbao jusqu’à Bayonne. Car pour Andrés Urrutia « la langue basque appartient à tous, pas seulement aux tenants d’une certaine idéologie politique ». Une position courageuse au Pays basque espagnol, où la plupart des institutions-clés sont aux mains des nationalistes, et où la bande armée ETA continue d’affirmer par la violence sa définition restrictive du peuple basque.


 


Mathieu de Taillac

Andrés Urrutia en cinq dates

1954 : Naissance à Bilbao, capitale économique du Pays Basque espagnol.


1981 : Est désigné notaire, profession qu’il exerce encore aujourd’hui.


1987 : Entre à la prestigieuse Université de Deusto, à Bilbao. Urrutia y enseigne d’abord la philologie basque, avant d’y donner des cours de droit.


1989 : Commence sa carrière de traducteur.


2005 : Est nommé Président de l’ Euskaltzaindia, l’Académie de la langue basque.

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