Deux étudiantes littéraires lui ont alors lancé : « Pourquoi ne nous a-t-on pas dit au départ de nos études qu’il n’y avait pas de débouchés ? Aujourd’hui, à bac+5, on nous dit de changer d’orientation. Vous sacrifiez notre génération en ne créant pas suffisamment de postes dans l’Education nationale!  »
Le ministre leur a alors répondu qu »‘il ne faut pas uniquement se focaliser sur un métier et sur un poste. Il faut faire preuve de réalisme ». (Source AEF)

Il est vrai qu’il n’est pas possible d’étendre le nombre de postes d’enseignants à l’infini. Et tous les étudiants en sciences humaines n’ont pas forcément une vocation de professeur.
Par ailleurs, on ne peut pas vraiment donner tort au ministre : s’engager dans certaines voies implique une bonne dose de lucidité. Les disciplines purement intellectuelles, on le sait, ne conduisent pas à l’entreprise. Ou alors avec une solide formation complémentaire.

Et pourtant : un littéraire, un historien, un philosophe n’aurait-il pas sa place en entreprise ? Gilles de Robien n’a pas manqué de souligner qu’à Londres, la réponse est si. Pourquoi en France les frontières entre université et entreprise sont-elles si hermétiques ? Si l’on est réellement doué et compétent pour une discipline intellectuelle pure, n’est-on pas de toute manière capable de rigueur, de sérieux et de pugnacité ? A méditer…