Richard Lioger, président d’université, patron de radio, réalisateur…

Spécialiste reconnu d’anthropologie religieuse, Richard Lioger est président de l’université de Metz. Mais il a également été éducateur spécialisé, patron de radio, chef d’entreprise, réalisateur de documentaires et écrivain.

« Malgré huit ans de psychanalyse, j’avoue que j’ai du mal à expliquer la diversité de mes centres d’intérêt. C’est mon côté Pic de la Mirandole. Peut-être aurais-je voulu mener une véritable carrière dans chacun des domaines que j’ai abordés ». Fils d’un ouvrier communiste parisien et d’une paysanne conservatrice, Richard Lioger s’habitue très jeune à rencontrer des gens de milieux différents. « J’ai toujours trouvé cela très enrichissant. C’est peut-être ce qui est la base de ma vocation la plus forte, celle d’ethnologue ».


 


Des radiesthésistes à Radio Evasion


 


Après avoir passé son bac en 1975, à 18 ans, Richard Lioger s’oriente vers une formation d’éducateur spécialisé. « Mes origines modestes m’imposaient de trouver un travail rapidemen ». Trois ans plus tard, diplôme en poche, il démarre sa vie professionnelle dans le Doubs, tout en poursuivant ses études d’ethnologie à Lyon. « C’est une discipline de terrain. Loin des théories, j’allais à la rencontre des gens, je discutais avec eux ». En 1988, il soutient sa thèse sur les « sourciers et radiesthésistes ruraux ». Elle sera publiée cinq ans plus tard, aux Presses universitaires de Lyon. C’est ce travail qui lui communique le virus de la caméra. « Amené à décrire les dynamiques physiques mises en œuvre lors de la recherche d’eau, je dessinais des croquis. Mais j’ai vite senti la nécessité de disposer d’un outil plus efficace. » Richard Lioger s’inscrit donc à l’école Varan, à Paris, pour suivre un an de formation au cinéma documentaire. Il réalise ensuite six films. Celui qu’il consacre au théâtre populaire de Bussang est diffusé sur France 3 et plusieurs autres chaînes de télévision. Entre temps, à son arrivée à Dôle, en 85, Richard Lioger a trouvé le moyen de créer Radio Evasion. « Nous étions dans la foulée de la libéralisation des ondes. Avec trois collègues, nous avons monté une SARL. Je démarchais pour placer de la pub et animais deux émissions, une sur le cinéma et une autre qui se voulait comique. J’ai revendu mes parts en 88. »


 


Pourquoi pas la mairie ?


 


Sur les conseils de son directeur de thèse, il concourt alors pour être recruté comme maître de conférences. En attendant un éventuel poste, entre 90 et 92, Richard Lioger monte sa seconde société, un laboratoire de recherches. « Nous menions des études sur la sociologie de la qualité pour l’industrie ». Parallèlement, pendant une quinzaine d’années, il effectue ce qu’il appelle « le parcours du combattant universitaire » et gravit les échelons. Le 17 mars 2003, il accède à la présidence de l’université de Metz. « C’est presque paradoxal, dans la mesure où je n’envisageais pas nécessairement une carrière universitaire ». Elle est pourtant marquée par la publication de cinq ouvrages, dont « la Folie du Chaman » en 2000. « Ce livre marque le bilan d’un long parcours intellectuel, le résultat de toute ma réflexion théorique sur la religion, la psychanalyse, le structuralisme… » Une autre consécration intervient, le 16 décembre 2004 : son élection à la vice-présidence de la Conférence des présidents d’université. « Pour moi, c’est un peu la conclusion d’un parcours ». Insatiable, il songe déjà à la suite. « Moi qui n’en ai pratiquement pas fait depuis vingt ans, je songe à entrer en politique. Un mandat municipal présente de nombreux points communs avec celui d’un président d’université. Je me verrais donc bien maire. »


 



Patrick Lallemant

Richard Lioger en cinq dates

1985 : crée Radio Evasion, à Dôle


1988 : soutient sa thèse, « Sourciers et radiesthésistes ruraux »


1998 : réalise un documentaire consacré au Théâtre du peuple de Bussang


2000 : publie l »a Folie du chaman » aux Presses universitaires de France


2004 : élu à la vice-présidence des présidents d’université

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