Illettrisme ! La faute aux ‘pédagocrates’ ?

Les pédagogues de la deuxième moitié du siècle seraient les responsable de l’ « illettrisme » traqués par des polémistes qui ne voient en eux que « pédagocrates », « pédagogos »….

Ces mêmes polémistes oublient de dire que c’est à la suite des constats désastreux effectués dans les années 60 sur la faiblesse de la lecture en France que la Recherche Pédagogique est née.



Je peux en cette matière, faire part de mon expérience de parents de quatre enfants, qui ont fréquenté une école particulière à l’époque.

Ces Instituteurs, travaillant étroitement en équipe, en relation avec la recherche pédagogique et en relation avec les parents, à l’école ouverte des Bourseaux de Saint Ouen l’Aumône (95), n’étaient pas toujours en « odeur de sainteté », lorsque notre dernier en sorti de l’école ouverte, en 1995.

Coopération, recherche, savoirs assimilés, travail en cycles : toutes ces nouveautés étaient soigneusement présentées aux parents.

Ce travail n’a pas débouché sur des résultats effroyables, au contraire !

Il faudra attendre la loi d’orientation de 1989 pour que le travail d’équipes des enseignants (à travers la mise en place des cycles) soit proposé officiellement.

Malheureusement, pour des raisons de politique assez basse, cette loi n’a jamais été vraiment mise en place : la plupart des inspecteurs ayant considéré qu’il était urgent d’attendre…

En fait, ceux que l’on accuse de tant de maux n’ont jamais été suffisamment nombreux pour avoir pu en être responsables !

C’est pourquoi j’affirme clairement que « les thèses des pédagogues de la recherche française », dixit nos polémistes, n’ont pas été ici la cause des désastres trop souvent observés aujourd’hui.

Et il faudrait en finir avec la formule « thèses des pédagogues ».

Il n’y a jamais eu de « thèses » de pédagogues, mais des recherches, des tâtonnements, des essais, à partir des travaux de la Recherche fondamentale universitaire sur des sciences diverses (psychologie des enfants, psychologie des apprentissages, linguistique etc.), qui ont ouvert des voies diverses, que les formateurs ont expérimentées, affinées, peaufinées dans les classes, avec les enfants eux-mêmes.

Tous ont travaillé dans une sorte de clandestinité, qui fut parfois tolérée mais jamais officialisée. Tout est resté au bon vouloir des collègues, sans qu’aune décision officielle ne soit jamais prise, sans formation et sans moyens..

C’st pourquoi, si l’on parle d’une « crise de la structure intermédiaire », on fait erreur. La vraie cause des dysfonctionnement, c’est précisément l‘absence de telles structures.

En fait, pas plus qu’une méthode de lecture, le fonctionnement par cycles ne peut se décréter ni s’imposer sans une formation des collègues qui leur permette, à la fois d’en comprendre le bien-fondé, et d’en acquérir les stratégies efficaces, et le « mode d’emploi ».

La réalité, c’est qu’on est resté dans un flou, un mélange de propositions contradictoires, destinées à satisfaire électoralement tout le monde, qui ne pouvait que mener au chaos.

Et c’est la cause essentielle de la situation d’aujourd’hui, dont les effets pervers sont faciles à deviner :

Les « projets d’école » ont foisonné, ( c’est surtout devenu une obligation institutionnelle) sans qu’on ait toujours bien compris ni ce que ça pouvait être ni à quoi ça pouvait servir.

Mais le fonctionnement réel n’a guère bougé et les polémistes se déchaînent…

on se demande vraiment pourquoi !..

Comme parent d’élèves en primaire, je n’ai jamais été inquiet.



Par contre comme professeur en collège jusqu’en 95 et en lycée après cette date, je suis devenu de plus en plus, étonné, sceptique puis en colère.





Il faut dire que l’absence totale de formation pédagogique, sociologique et psychologique des professeurs de collège et de lycée ne nous ont pas rendus capables d’analyser l’évolution de la population qui nous arrivait, dont les différences de comportement ne pouvaient être imputées à des changements de l’école primaire, mais à de profondes modifications sociales, qu’il aurait fallu prendre en compte immédiatement en équipes pluridisciplinaires, et pluristatutaires, de manière à acquérir un regard plus performant sur cette situation nouvelle.

Au lieu de cela, on a joué le sketch de Charlot, accusant les précédents de n’avoir pas fait leur travail, pour accuser ensuite les autres précédents, les formateurs…

En 1983/1984 le tableau de la crise du collège était fait.

Les remèdes à long terme proposés, le pouvoir politique de l ‘époque a préféré sacrifier un excellent ministre Savary, pour passer un soubresaut politique.

Les choses sont restés en l’état : des élèves sont restés en illettrisme.

Et les propositions officielles d’aujourd’hui ne pourront qu’aggraver les choses.

Des élèves, qui ont parfois – enfant-roi à la mode – trop souvent et de plus en plus, mis le trouble, en bande organisée, dans des classes ordinaires, parce que personne n’avait prévu cela et que les pauvres profs n’avaient aucune stratégie à leur disposition. Si bien qu’ils n’ont eu d’autres alternatives que de se réfugier dans l’autoritarisme dur qui trouve vite ses limites, ou, se noyer dans la démagogie ou la séduction. Cette faiblesse finissant se retourner contre eux !

Là aussi le faire semblant règne.



Le niveau bac général peut être atteint… avec comme seul droit le chômage puis le RMI ?

Un BEP et un bac pro sont plus sûrs !

Heureusement un critère échappe aux jurys chargés de l’attribution des diplômes : la personnalité.

Il m’est souvent arrivé d’être heureusement surpris par la réussite de « graines de crapule » : l’apport éducatif familial doit être fondamental et qui sait, l’apport des professeurs aussi ! Qui n’a jamais entendu : « Vous aviez raison, m’sieur » ou « merci d’avoir été sévère mais juste » sans compter le tendre : « Vous nous compreniez », alors que le bougre avait été fustigé…sans mépris.



Tout cela pour dire que le « bordel » n’est pas à mettre sur le dos des chercheurs en pédagogie.

Ne restons pas crispés sur les méthodes d’apprentissage, même si elles ont une importance capitale, et si la tradition, sur ce point est fort nocive.

Pas besoin d’affoler les grands pères et les grands mères, il n’y a pas eu trop de changements sur ce point !!!!

Oui, il y a crise dans trop de collèges depuis 25 ans, crise qui

Les pédagogues de la deuxième moitié du siècle seraient les responsable de l' »illettrisme », traqués par des polémistes qui ne voient en eux que « pédagocrates », « pédagogos »…. Ces mêmes polémistes oublient de dire que c’est à la suite des constats désastreux effectués dans les années 60 sur la faiblesse de la lecture en France que la Recherche Pédagogique est née.
Je peux en cette matière, faire part de mon expérience de parents de quatre enfants, qui ont fréquenté une école particulière à l’époque. Ces Instituteurs, travaillant étroitement en équipe, en relation avec la recherche pédagogique et en relation avec les parents, à l’école ouverte des Bourseaux de Saint Ouen l’Aumône (95), n’étaient pas toujours en « odeur de sainteté », lorsque notre dernier sorti de l’école ouverte, en 1995. Coopération, recherche, savoirs assimilés, travail en cycles : toutes ces nouveautés étaient soigneusement présentées aux parents.
Ce travail n’a pas débouché sur des résultats effroyables, au contraire !
Il faudra attendre la loi d’orientation de 1989 pour que le travail d’équipes des enseignants (à travers la mise en place des cycles) soit proposé officiellement. Malheureusement, pour des raisons de politique assez basse, cette loi n’a jamais été vraiment mise en place : la plupart des inspecteurs ayant considéré qu’il était urgent d’attendre…

En fait, ceux que l’on accuse de tant de maux n’ont jamais été suffisamment nombreux pour avoir pu en être responsables ! C’est pourquoi j’affirme clairement que « les thèses des pédagogues de la recherche française », dixit nos polémistes, n’ont pas été ici la cause des désastres trop souvent observés aujourd’hui.
Et il faudrait en finir avec la formule « thèses des pédagogues ». Il n’y a jamais eu de « thèses » de pédagogues, mais des recherches, des tâtonnements, des essais, à partir des travaux de la Recherche fondamentale universitaire sur des sciences diverses (psychologie des enfants, psychologie des apprentissages, linguistique etc.), qui ont ouvert des voies diverses, que les formateurs ont expérimentées, affinées, peaufinées dans les classes, avec les enfants eux-mêmes.
Tous ont travaillé dans une sorte de clandestinité, qui fut parfois tolérée mais jamais officialisée. Tout est resté au bon vouloir des collègues, sans qu’aune décision officielle ne soit jamais prise, sans formation et sans moyens.
C’est pourquoi, si l’on parle d’une « crise de la structure intermédiaire », on fait erreur. La vraie cause des dysfonctionnement, c’est précisément l‘absence de telles structures. En fait, pas plus qu’une méthode de lecture, le fonctionnement par cycles ne peut se décréter ni s’imposer sans une formation des collègues qui leur permette, à la fois d’en comprendre le bien-fondé, et d’en acquérir les stratégies efficaces, et le « mode d’emploi ».

La réalité, c’est qu’on est resté dans un flou, un mélange de propositions contradictoires, destinées à satisfaire électoralement tout le monde, qui ne pouvait que mener au chaos. Et c’est la cause essentielle de la situation d’aujourd’hui, dont les effets pervers sont faciles à deviner : les « projets d’école » ont foisonné, (c’est surtout devenu une obligation institutionnelle) sans qu’on ait toujours bien compris ni ce que ça pouvait être ni à quoi ça pouvait servir.
Mais le fonctionnement réel n’a guère bougé et les polémistes se déchaînent… on se demande vraiment pourquoi !..
Comme parent d’élèves en primaire, je n’ai jamais été inquiet.

Par contre comme professeur en collège jusqu’en 95 et en lycée après cette date, je suis devenu de plus en plus étonné, sceptique puis en colère.

Il faut dire que l’absence totale de formation pédagogique, sociologique et psychologique des professeurs de collège et de lycée ne nous a pas rendus capables d’analyser l’évolution de la population qui nous arrivait, dont les différences de comportement ne pouvaient être imputées à des changements de l’école primaire, mais à de profondes modifications sociales, qu’il aurait fallu prendre en compte immédiatement en équipes pluridisciplinaires, et pluristatutaires, de manière à acquérir un regard plus performant sur cette situation nouvelle.
Au lieu de cela, on a joué le sketch de Charlot, accusant les précédents de n’avoir pas fait leur travail, pour accuser ensuite les autres précédents, les formateurs… En 1983/1984 le tableau de la crise du collège était fait. Les remèdes à long terme proposés, le pouvoir politique de l’époque a préféré sacrifier un excellent ministre Savary, pour passer un soubresaut politique.
Les choses sont restés en l’état : des élèves sont restés en illettrisme.
Et les propositions officielles d’aujourd’hui ne pourront qu’aggraver les choses.
Des élèves, qui ont parfois – enfant-roi à la mode – trop souvent et de plus en plus, mis le trouble, en bande organisée, dans des classes ordinaires, parce que personne n’avait prévu cela et que les pauvres profs n’avaient aucune stratégie à leur disposition. Si bien qu’ils n’ont eu d’autres alternatives que de se réfugier dans l’autoritarisme dur qui trouve vite ses limites, ou de se noyer dans la démagogie ou la séduction. Cette faiblesse finissant par se retourner contre eux !
Là aussi le faire semblant règne.

Le niveau bac général peut être atteint… avec comme seul droit le chômage puis le RMI ? Un BEP et un bac pro sont plus sûrs !
Heureusement un critère échappe aux jurys chargés de l’attribution des diplômes : la personnalité. Il m’est souvent arrivé d’être heureusement surpris par la réussite de « graines de crapule » : l’apport éducatif familial doit être fondamental et qui sait, l’apport des professeurs aussi ! Qui n’a jamais entendu : « Vous aviez raison, m’sieur » ou « merci d’avoir été sévère mais juste » sans compter le tendre : « Vous nous compreniez », alors que le bougre avait été fustigé… sans mépris.

Tout cela pour dire que le « bordel » n’est pas à mettre sur le dos des chercheurs en pédagogie.
Ne restons pas crispés sur les méthodes d’apprentissage, même si elles ont une importance capitale, et si la tradition, sur ce point est fort nocive. Pas besoin d’affoler les grands-pères et les grands-mères, il n’y a pas eu trop de changements sur ce point !!!! Oui, il y a crise dans trop de collèges depuis 25 ans, crise qui a gagné trop de lycées, mais la crise n’est pas née des démarches proposées par les chercheurs en éducation.
Un autre « bouc émissaire » : les IUFM sont la cible de lazzis divers.
La formation doit certainement être améliorée. Mais supprimer les IUFM, c’est supprimer toute formation. La droite veut nous refiler Léo et Léa et la syllabique ? Dans quinze ans l’état des lieux sera le même car, contrairement à ce qui se dit, ce seraient plutôt les clones de Léo et Léa qui occuperaient — et depuis toujours — la majorité des CP. Il faudrait donc peut-être se préoccuper de faire les bons procès aux bonnes personnes…

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.