Enseignant : "sa force est d’être ignorant"

François Bégaudeau, auteur d'Entre les murs n'y va pas par quatre chemins : dans Le Monde de l'Education de l'été, il affirme qu'un bon enseignant doit être ignorant. Il donne quelques éléments de compréhension. L'enseignant doit apprendre en même temps que ses élèves pour susciter en eux le désir d'apprendre. Par conséquent, l'enseignant "sera d'autant plus compétent qu'il sera incompétent en sa matière". En effet constate-t-il, l'on n'apprend véritablement que seul.

L’élève doit donc en cours être juste incité à apprendre par le prof, qui apprend en même temps que lui. C’est la seule méthode qui marche. Il se crée alors une émulation qui fait que les deux travaillent tout autant. Et plus seulement le prof ! François Bégaudeau n’a pas peur de le clamer : « Je veux que les vingt-cinq élèves ressortent (de mon cours) en sueur et moi frais comme un nouveau-né ». Pour en conclure : « Moi, le prof, je n’enseignerai pas ». Que fera-t-il alors ? S’adonnera-t-il à la paresse durant ses longues heures de cours ? Non bien sûr, réplique-t-il aussitôt : « j’apprendrai, comme tout le monde ».

Un brin provocateur, ce texte n’en a pas moins le mérite de nous faire réfléchir. François Bégaudeau nous demande de nous replacer en position d’élève, ce qui n’est pas sot. Puis l’enseignant qu’il est devenu note malicieusement que les heures de cours passent beaucoup plus vite du côté enseignant que du côté élève. Cherchez l’erreur…

Mais un sérieux problème surgit aussitôt : si le prof apprend en même temps que l’élève, à quoi sert-il ?

Un petit exemple : vous apprenez le piano. Un professeur incapable de déchiffrer une partition et de jouer du piano sera-t-il un bon professeur, même s’il apprend avec vous de tout son coeur ?

Enfin que fait-on de l’élève qui a de lui-même le désir d’apprendre, qui rêve d’être assailli de connaissances ? Que fait-on de lui ?

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13 commentaires sur "Enseignant : "sa force est d’être ignorant""

  1. Thomas  13 octobre 2006 à 20 h 53 min

    Marre de la pédagogo à 3 sous ! ras le bol de l’usine à gaz de Mr Merieu !Signaler un abus

  2. catherine Mourier  28 octobre 2006 à 21 h 16 min

    Les profs qui découvrent le programme en même temps que les élèves nous connaissons cette situation en lycée professionnel .
    Un exemple :
    Trouvez un prof de biologie et de SMS pour assurer les cours des secondes années de BEP SAN semble si difficile que le proviseur est amené à chercher à l’ANPE la perle rare. Un éducateur spécialisé fera l’affaire et son arrivée ne pourra que fera taire les parents soucieux de la scolarité de leurs enfants ( ah bon, je les croyais tous abrutis par la boisson).
    Combien d’autres exemples de cet ordre ?
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  3. mimica  2 décembre 2006 à 17 h 30 min

    La richesse de notre métier est sans doute liée à la diversité des situations que nous vivons et la diversité des pratiques que nous mettons en place.

    Il est vrai que les élèves peuvent être motivés quand nous leur posons de vraies questions; par leur travail de recherche, de partage, d’analyse, de mise en relation et de communication, ils construisent un peu de leurs savoirs et enrichissent le nôtre (principe des TPE et quelque part principe de démarche de chacun en situation de vie: réagir, réfléchir, concevoir, partager et communiquer).

    Notre fonction d’enseignant est sans doute aussi d’accompagner les élèves: les adaptés et les moins adaptés, les curieux et les passifs, les manuels et les cérébraux. Et dans cet accompagnement, nous agissons en tant que professionnels. Et notre profession, nous la construisons chaque jour. Quand on devient un enseignant intéressant, performant, attentif, on reste quand même un enseigant dans sa classe ! devant les élèves et avec eux, nous utilisons nos compétences pour faire du mieux que nous pouvons !

    Alors que l’on soit un professionnel intuitif, pédagogue dans l’âme, ou que l’on ait besoin de référends pédagogiques, de réflexion en sciences humaine, on n’en reste pas moins des professionnels de l’enseignement !

    Chacun mène sa barque à sa façon mais la confrontation de nos pratiques nous rend plus professionnels…

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  4. Nati  29 mai 2007 à 10 h 19 min

    J’aime beaucoup les réactions épidermiques que déclenchent ces propos quand ils sont lus au premier degré. Et quand on pense par principe que le mot "pédagogie" est un gros mot, comment peut-on lire Bégaudeau autrement qu’au premier degré ?

    Alors une petite précision : être pédagogue ne veut pas dire être ignorant, bien au contraire. Etre pédagogue veut dire en connaître un rayon, dominer son sujet, afin de, parfois, feindre l’ignorance pour amener l’élève à emprunter des chemins longs et tortueux sur lesquels il ne s’aventurerait pas seul. Ou alors Socrate était con.Signaler un abus

  5. Le siestologue  20 juin 2007 à 16 h 28 min

    Assez de bullshitage pédagogique, ce n’est pas l’ignorance qui fait le prof mais le savoir de banaliser le savoir aux novices.
    Mon grand, si on suit ton raisonnement on devrait chaque année changer de sujet à enseigner pour être ignorant de nouveau parce que au cas contraire si t es restée ignorant de ton sujet après l’avoir appris avec tes élèves c’este que tu devrais te poser la question si t’es à la bonne place. Sur ce je présume qu’il est toujours bon de niveler par le haut, même si des fois ça peut paraître snob.
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