L’élève doit donc en cours être juste incité à apprendre par le prof, qui apprend en même temps que lui. C’est la seule méthode qui marche. Il se crée alors une émulation qui fait que les deux travaillent tout autant. Et plus seulement le prof ! François Bégaudeau n’a pas peur de le clamer : « Je veux que les vingt-cinq élèves ressortent (de mon cours) en sueur et moi frais comme un nouveau-né ». Pour en conclure : « Moi, le prof, je n’enseignerai pas ». Que fera-t-il alors ? S’adonnera-t-il à la paresse durant ses longues heures de cours ? Non bien sûr, réplique-t-il aussitôt : « j’apprendrai, comme tout le monde ».

Un brin provocateur, ce texte n’en a pas moins le mérite de nous faire réfléchir. François Bégaudeau nous demande de nous replacer en position d’élève, ce qui n’est pas sot. Puis l’enseignant qu’il est devenu note malicieusement que les heures de cours passent beaucoup plus vite du côté enseignant que du côté élève. Cherchez l’erreur…

Mais un sérieux problème surgit aussitôt : si le prof apprend en même temps que l’élève, à quoi sert-il ?

Un petit exemple : vous apprenez le piano. Un professeur incapable de déchiffrer une partition et de jouer du piano sera-t-il un bon professeur, même s’il apprend avec vous de tout son coeur ?

Enfin que fait-on de l’élève qui a de lui-même le désir d’apprendre, qui rêve d’être assailli de connaissances ? Que fait-on de lui ?