Constante Macabre

Comme Mr Antibi, j’ai écrit un livre. Il s’intitule : Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté.1 (aux Editions de Paris, mai 2006.) Dans ce livre je traite d’une vision du monde que j’appelle "féministe" dans la mesure où elle s’oppose à l’idéologie machiste des hommes au pouvoir. Cette pensée moderne nous a amené la démocratie, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes etc… mais devient une idéologie qui se fige et n’accepte plus la remise en cause alors qu’elle devient majoritaire parmi les femmes et les hommes. En confondant la liberté avec le droit de faire ce que l’on a envie, en transformant l’égalité en droits en un droit à l’égalité et en faisant de la féminité, autrefois étouffée, une qualité suprême à acquérir sous peine d’être rejeté, cette idéologie a une responsabilité non négligeable dans les problèmes d’éducation que rencontrent aujourd’hui nos enfants dans la famille et à l’école.
Je trouve que les propositions du Mouvement Contre La Constante Macabre vont tout à fait dans le sens de ces dérives.

Tout d’abord, Mr Antibi qui a enseigné à l’Université semble ignorer qu’en collège et même au lycée l’évaluation formative et la pédagogie par objectif sont appliquées depuis plus de 30 ans. Il existe certainement des enseignants qui les pratiquent mal ou peu, et Mr Antibi peut facilement citer de nombreux cas, mais ses enquêtes ne reflètent pas la réalité : la plupart des enseignants ne sont pas dans la constante macabre et pratiquent plutôt l’encouragement, la valorisation. Certains professeurs même, pour ne plus décourager les élèves en les jugeant "mauvais", font tout pour avoir une moyenne acceptable en donnant des exercices plus faciles, en notant plusieurs fois les corrections, en étant de moins en moins exigeants. Ils peuvent alors dire des élèves sans avoir à culpabiliser, qu’ils sont moyens voire "bons". Le jugement de "mauvais élève" qui est totalement inadmissible ne l’est pourtant pas plus que le jugement de "bon élève" car ce qui devrait être interdit, ce n’est pas de mettre zéro à une copie (l’élève doit assumer le jugement sur son travail de la même façon que tout employé est jugé sur ses résultats) mais de qualifier l’élève de "mauvais" ou de "bon". L’enseignant (dans une démocratie) ne doit pas juger l’élève mais le travail effectué à un moment donné, sur un sujet donné.

Les méthodes pédagogiques modernes ont permis d’améliorer considérablement la qualité de l’enseignement mais si elles devaient être la solution pour résoudre l'échec scolaire, les problèmes auraient dû diminuer (je ne pense pas que ce soit le cas). Au contraire, alors que les méthodes sont de plus en plus intéressantes, que les enseignants sont de mieux en mieux formés et de plus en plus proches des élèves et prêts à s’adapter à leurs difficultés etc… les élèves sont de moins en moins motivés !

Ces méthodes et celles que propose le MCLCM ont même un effet pervers. A force de critiquer l’école et les enseignants et de répéter que les méthodes sont à revoir, les élèves se trouvent de bonnes raisons de ne pas être motivés et de ne pas faire l’effort de travailler. Comment pourraient-ils d’ailleurs avoir envie d’apprendre avec des maîtres (le mot maître lui-même est devenu tabou) accusés à la maison, dans les médias et même de la part de responsables de l’Education Nationale, d’être incompétents, dépassés, incapables d’appliquer de bonnes méthodes. Il leur est facile d’en conclure que les éducateurs ne méritent pas d’être écoutés. Parce que la fonction éducative (fonction de père) a été pervertie en autoritarisme pendant des siècles, Mr Antibi prend le rôle de la "maman" qui vient "défendre" l’enfant contre le père. Alors que l’évanouissement de la fonction de "père" a une grande part de responsabilité dans de nombreux problèmes de notre société, il contribue à achever la fonction du père agonisante pour privilégier le rôle maternant des enseignants. Ceci est facile ! Il a l’assurance d’être entendu par toutes les personnes qui ont souffert d’un excès d’autoritarisme dans leur vie, dans la famille et à l’école (et ils sont nombreux) et qui en réaction adopte l’idéologie féministe dont je dénonce les dérives. En choisissant cette position qui a toutes les chances de plaire à ceux qui préfèrent la facilité, Mr Antibi trouve des lecteurs pour son livre et fait (peut-être sans le savoir) non plus de la pédagogie mais de la démagogie. Trouver des coupables déjà tellement décriés et finalement peu influents est le moyen facile de satisfaire les armées d’insatisfaits et surtout de ne pas se pencher sur le véritable problème parce qu’essayer de l’aborder risque de trop déranger ceux qui préfèrent ronronner dans la bien-pensance et qui sont aussi des électeurs dociles… (mais attention, qui risquent de le devenir de moins en moins. Souvenez-vous de 2002 !)

On peut cependant tous les jours constater les résultats de ces dérives maternantes. Les enfants sans "père" (qu’ils soient sans ou avec papa) ne deviennent-ils pas très souvent des enfants hors la loi (dans le sens premier du terme, qui n’ont pas intégrés la loi) incapables à l’école de respecter les règles de l’orthographe, de la grammaire, du calcul, de discipline… ? incapables dans la vie d’assumer la frustration et qui manquant de repères se les inventent dans la caricature en devenant des extrémistes, des intégristes, des "machistes"… Et ce n’est pas en les maintenant dans un cocon fusionnel qu’ils apprendront à devenir adulte.

Jean GABARD



(1) Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté.

Comme Mr Antibi, j’ai écrit un livre. Il s’intitule : Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté.1 (aux Editions de Paris, mai 2006.) Dans ce livre je traite d’une vision du monde que j’appelle « féministe » dans la mesure où elle s’oppose à l’idéologie machiste des hommes au pouvoir. Cette pensée moderne nous a amené la démocratie, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes etc… mais devient une idéologie qui se fige et n’accepte plus la remise en cause alors qu’elle devient majoritaire parmi les femmes et les hommes. En confondant la liberté avec le droit de faire ce que l’on a envie, en transformant l’égalité en droits en un droit à l’égalité et en faisant de la féminité, autrefois étouffée, une qualité suprême à acquérir sous peine d’être rejeté, cette idéologie a une responsabilité non négligeable dans les problèmes d’éducation que rencontrent aujourd’hui nos enfants dans la famille et à l’école.
Je trouve que les propositions du Mouvement Contre La Constante Macabre vont tout à fait dans le sens de ces dérives.

Tout d’abord, Mr Antibi qui a enseigné à l’Université semble ignorer qu’en collège et même au lycée l’évaluation formative et la pédagogie par objectif sont appliquées depuis plus de 30 ans. Il existe certainement des enseignants qui les pratiquent mal ou peu, et Mr Antibi peut facilement citer de nombreux cas, mais ses enquêtes ne reflètent pas la réalité : la plupart des enseignants ne sont pas dans la constante macabre et pratiquent plutôt l’encouragement, la valorisation. Certains professeurs même, pour ne plus décourager les élèves en les jugeant « mauvais », font tout pour avoir une moyenne acceptable en donnant des exercices plus faciles, en notant plusieurs fois les corrections, en étant de moins en moins exigeants. Ils peuvent alors dire des élèves sans avoir à culpabiliser, qu’ils sont moyens voire « bons ». Le jugement de « mauvais élève » qui est totalement inadmissible ne l’est pourtant pas plus que le jugement de « bon élève » car ce qui devrait être interdit, ce n’est pas de mettre zéro à une copie (l’élève doit assumer le jugement sur son travail de la même façon que tout employé est jugé sur ses résultats) mais de qualifier l’élève de « mauvais » ou de « bon ». L’enseignant (dans une démocratie) ne doit pas juger l’élève mais le travail effectué à un moment donné, sur un sujet donné.

Les méthodes pédagogiques modernes ont permis d’améliorer considérablement la qualité de l’enseignement mais si elles devaient être la solution pour résoudre l’échec scolaire, les problèmes auraient dû diminuer (je ne pense pas que ce soit le cas). Au contraire, alors que les méthodes sont de plus en plus intéressantes, que les enseignants sont de mieux en mieux formés et de plus en plus proches des élèves et prêts à s’adapter à leurs difficultés etc… les élèves sont de moins en moins motivés !

Ces méthodes et celles que propose le MCLCM ont même un effet pervers. A force de critiquer l’école et les enseignants et de répéter que les méthodes sont à revoir, les élèves se trouvent de bonnes raisons de ne pas être motivés et de ne pas faire l’effort de travailler. Comment pourraient-ils d’ailleurs avoir envie d’apprendre avec des maîtres (le mot maître lui-même est devenu tabou) accusés à la maison, dans les médias et même de la part de responsables de l’Education Nationale, d’être incompétents, dépassés, incapables d’appliquer de bonnes méthodes. Il leur est facile d’en conclure que les éducateurs ne méritent pas d’être écoutés. Parce que la fonction éducative (fonction de père) a été pervertie en autoritarisme pendant des siècles, Mr Antibi prend le rôle de la « maman » qui vient « défendre » l’enfant contre le père. Alors que l’évanouissement de la fonction de « père » a une grande part de responsabilité dans de nombreux problèmes de notre société, il contribue à achever la fonction du père agonisante pour privilégier le rôle maternant des enseignants. Ceci est facile ! Il a l’assurance d’être entendu par toutes les personnes qui ont souffert d’un excès d’autoritarisme dans leur vie, dans la famille et à l’école (et ils sont nombreux) et qui en réaction adopte l’idéologie féministe dont je dénonce les dérives. En choisissant cette position qui a toutes les chances de plaire à ceux qui préfèrent la facilité, Mr Antibi trouve des lecteurs pour son livre et fait (peut-être sans le savoir) non plus de la pédagogie mais de la démagogie. Trouver des coupables déjà tellement décriés et finalement peu influents est le moyen facile de satisfaire les armées d’insatisfaits et surtout de ne pas se pencher sur le véritable problème parce qu’essayer de l’aborder risque de trop déranger ceux qui préfèrent ronronner dans la bien-pensance et qui sont aussi des électeurs dociles… (mais attention, qui risquent de le devenir de moins en moins. Souvenez-vous de 2002 !)

On peut cependant tous les jours constater les résultats de ces dérives maternantes. Les enfants sans « père » (qu’ils soient sans ou avec papa) ne deviennent-ils pas très souvent des enfants hors la loi (dans le sens premier du terme, qui n’ont pas intégrés la loi) incapables à l’école de respecter les règles de l’orthographe, de la grammaire, du calcul, de discipline… ? incapables dans la vie d’assumer la frustration et qui manquant de repères se les inventent dans la caricature en devenant des extrémistes, des intégristes, des « machistes »… Et ce n’est pas en les maintenant dans un cocon fusionnel qu’ils apprendront à devenir adulte.

Jean GABARD



(1) Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté.

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