Ignorantus, ignoranta, ignorantum

Aurais-blessé la prêtresse du mal-dire ? Voilà qu'Eveline Charmeux se

pelotonne derrière des références contournées ou controuvées (parce

qu'enfin, l'autorité d'André ''malgré que'' Gide ne m'a jamais paru, en

grammaire, d'un poids bien consistant), sans aller jusqu'au bout de son

pédantisme. Grammairienne, peut-être, mais mauvaise stylisticienne. Qui

lui a dit que je ne m'amusais pas avec l'imparfait du subjonctif ? Mais

Mme Charmeux ne me connaît pas — ni elle, ni aucun de ses amis, qui

refusent constamment de venir dialoguer en face, dans des médias que

pourtant ils contrôlent, et auxquels, pour aller au bout de leur

illogisme, ils reprochent de me donner la parole. Sans doute

pense-t-elle que le subjonctif est un mode légèrement fasciste, parce

que tel leader politique — aux antipodes des idées que je défends —

l'utilise parfois. Mais après tout, elle appartient à une secte où tout

ce qui ne se rallie pas à l'idéologie en place est suspect de

frontnationalisme, si j'ose dire — à commencer par la défense et

illustration de méthodes de lecture autres que celles vendues par

Hachette ou Hatier.

À ce propos, j'ai fait une étude des liens entre pédagogues et grands

éditeurs — et la confluence des intérêts pose bien des questions.

Pour en revenir brièvement au subjonctif, je conseille à Mme Charmeux

la lecture de Gustave Guillaume : c'est un mode chargé de psychologie

bien davantage que de sens strict — de connotation bien plus que de

dénotation. Encore eût-il fallu que vous le sussiez, chère amie…

Pour ce qui est de l'enfant, j'adore la logique interne de votre

démonstration. Que tel sens corresponde à une représentation, qui le

contesterait ? Mais que signifie ''dénoncer une représentation'' ? Mme

Charmeux ignore-t-elle que l'on ne peut jamais réfuter un sens

antérieur — et que c'est cela, justement, la culture que je voudrais

instiller à mes élèves — et à tous les autres : leur apprendre d'où

sortent, diachroniquement, la culture et la langue françaises — et non

révérer l'état de friche intellectuelle où l'on voudrait les

abandonner, en faisant du synchronisme l'alpha et l'oméga de la pensée,

et de la langue du XIXe arrondissement et de François Bégaudeau le nec

plus ultra de l'expression.

Quant aux Lumières… J'en tire l'idée de laïcité — contre les

communautarismes, religieux ou autres, que Mme Charmeux brûle

d'installer. J'en tire l'idée d'instruction, contre le formatage

éducatif et ''citoyen'' — forcément citoyen — que Mme Charmeux et ses

sbires veulent instaurer. J'en tire l'esprit de tolérance, contre le

discours pontifiant et pseudo-spécialiste de gens qui se réfugient

derrière leurs fonctions pour terroriser les jeunes professeurs des

écoles. J'en tire enfin la tentation encyclopédiste, contre la haine du

Savoir que partagent tous ces gens qui ont lu Bourdieu un peu trop vite

— méthode globale oblige…

Mais je parle en vain. Mme Charmeux et ses amis ont déjà commencé la

campagne électorale de 2007, parce qu'ils défaillent à l'idée qu'un

bouleversement politique puisse leur faire perdre une bribe de leur

pouvoir. C'est là le seul sens des attaques dont je suis le prétexte,

plus que l'objet. Et comme je ne m'intéresse ni à la politique, parce

que je suis strictement un homme de culture, ni un homme de pouvoir,

parce que je pratique, comme Solal dans Belle du seigneur, le ''mépris

d'avance'', je bornerai là cette polémique insignifiante, et je laisse à

Mme Charmeux toute la place, dans tous les forums où elle voudra

éructer.

Aurais-blessé la prêtresse du mal-dire ? Voilà qu’Eveline Charmeux se pelotonne derrière des références contournées ou controuvées (parce qu’enfin, l’autorité d’André « malgré que » Gide ne m’a jamais paru, en grammaire, d’un poids bien consistant), sans aller jusqu’au bout de son pédantisme. Grammairienne, peut-être, mais mauvaise stylisticienne. Qui lui a dit que je ne m’amusais pas avec l’imparfait du subjonctif ? Mais Mme Charmeux ne me connaît pas — ni elle, ni aucun de ses amis, qui refusent constamment de venir dialoguer en face, dans des médias que pourtant ils contrôlent, et auxquels, pour aller au bout de leur illogisme, ils reprochent de me donner la parole. Sans doute pense-t-elle que le subjonctif est un mode légèrement fasciste, parce que tel leader politique — aux antipodes des idées que je défends — l’utilise parfois. Mais après tout, elle appartient à une secte où tout ce qui ne se rallie pas à l’idéologie en place est suspect de frontnationalisme, si j’ose dire — à commencer par la défense et illustration de méthodes de lecture autres que celles vendues par Hachette ou Hatier.
À ce propos, j’ai fait une étude des liens entre pédagogues et grands éditeurs — et la confluence des intérêts pose bien des questions. Pour en revenir brièvement au subjonctif, je conseille à Mme Charmeux la lecture de Gustave Guillaume : c’est un mode chargé de psychologie bien davantage que de sens strict — de connotation bien plus que de dénotation. Encore eût-il fallu que vous le sussiez, chère amie… Pour ce qui est de l’enfant, j’adore la logique interne de votre démonstration. Que tel sens corresponde à une représentation, qui le contesterait ? Mais que signifie « dénoncer une représentation » ? Mme Charmeux ignore-t-elle que l’on ne peut jamais réfuter un sens antérieur — et que c’est cela, justement, la culture que je voudrais instiller à mes élèves — et à tous les autres : leur apprendre d’où sortent, diachroniquement, la culture et la langue françaises — et non révérer l’état de friche intellectuelle où l’on voudrait les abandonner, en faisant du synchronisme l’alpha et l’oméga de la pensée, et de la langue du XIXe arrondissement et de François Bégaudeau le nec plus ultra de l’expression.
Quant aux Lumières… J’en tire l’idée de laïcité — contre les communautarismes, religieux ou autres, que Mme Charmeux brûle d’installer. J’en tire l’idée d’instruction, contre le formatage éducatif et « citoyen » — forcément citoyen — que Mme Charmeux et ses sbires veulent instaurer. J’en tire l’esprit de tolérance, contre le discours pontifiant et pseudo-spécialiste de gens qui se réfugient derrière leurs fonctions pour terroriser les jeunes professeurs des écoles. J’en tire enfin la tentation encyclopédiste, contre la haine du Savoir que partagent tous ces gens qui ont lu Bourdieu un peu trop vite — méthode globale oblige…
Mais je parle en vain. Mme Charmeux et ses amis ont déjà commencé la campagne électorale de 2007, parce qu’ils défaillent à l’idée qu’un bouleversement politique puisse leur faire perdre une bribe de leur pouvoir. C’est là le seul sens des attaques dont je suis le prétexte, plus que l’objet. Et comme je ne m’intéresse ni à la politique, parce que je suis strictement un homme de culture, ni un homme de pouvoir, parce que je pratique, comme Solal dans Belle du seigneur, le « mépris d’avance », je bornerai là cette polémique insignifiante, et je laisse à Mme Charmeux toute la place, dans tous les forums où elle voudra éructer.

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