Dans une tribune publiée par Le Figaro, le linguiste Alain Bentolila, professeur à Paris V et auteur du livre « Tout sur l’école » apporte sa contribution au débat sur l’apprentissage de la lecture. Il précise que l’apprentissage de la lecture nécessite obligatoirement d’apprendre à déchiffrer les mots et rappelle que « la maîtrise des relations grapho-phonologiques » est incontournable.

Lors de l’apprentissage de la lecture, l’élève se construit les sons qui correspondent à la combinaison graphique puis associe ce bruit à son « dictionnaire oral » afin d’obtenir le sens qui correspond à cette combinaison phonique. Alain Bentolila rappelle l’importance de ce dictionnaire mental bâti sur la quantité et de la qualité du vocabulaire qu’un enfant possède avant qu’il n’apprenne à lire. Selon lui, les élèves qui ne possèdent qu’un nombre restreint de mots dans ce dictionnaire risquent de ne pas réussir à mettre un sens derrière les images phoniques.

Alain Bentolila conclue que ce n’est pas le fait de déchiffrer qui est responsable d’une lecture dépourvue d’accès au sens, mais le déficit du vocabulaire oral qui empêche l’enfant d’y accéder. Il apparaît donc indispensable de nourrir le stock lexical des enfants dès l’école maternelle.

Source Le Figaro