Georges Charpak naît en Pologne, en 1924, mais n’a que quelques mois lorsqu’il arrive en France. Il devient citoyen français en 1946, à son retour d’un camp de travail nazi où il a été déporté pour faits de résistance. Admis à l’École nationale supérieure des mines de Paris, il y obtient son diplôme d’ingénieur. Dès 1948, il choisit la voie de la recherche et entre au CNRS (Centre national de la recherche scientifique). À la même époque, il rejoint Frédéric Joliot (prix Nobel de chimie pour la découverte de la radioactivité artificielle) au Collège de France. À ses côtés, il se passionne pour la physique expérimentale.


 


En 1959, il quitte le CNRS pour entrer au CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire), à Genève. Il y met au point un détecteur qui permet de reconstituer en temps réel la trajectoire d’une particule élémentaire. Ces travaux lui vaudront le prix Nobel de physique en 1992.


 


En 1995, alors qu’il rend visite aux États-unis à Léon Lederman, autre Prix Nobel de physique, Georges Charpak découvre une école d’un quartier défavorisé de Chicago où une nouvelle méthode d’enseignement des sciences est expérimentée. Cette méthode – mise au point par Lederman et baptisée « Hands on » – est fondée sur la manipulation. « C’était une école relativement typique, se souvient-il, avec 99 % de Noirs, dont la plupart étaient en dessous du niveau de pauvreté. Il régnait pourtant une très grande gaieté dans cette école : les enfants apprenaient avec joie. » L’expérience le marque profondément.
Quelques mois plus tard, avec le soutien de ses collègues de l’Académie des sciences Pierre Léna et Yves Quéré, il prend la tête d’un important mouvement de rénovation de l’enseignement des sciences à l’école primaire, inspiré de « Hands on« . La main à la pâte est née. Elle touche aujourd’hui près d’une école sur trois en France et fait l’objet ces jours-ci d’un livre-bilan : « L’enfant et la science. L’aventure de La main à la pâte » (éd. Odile Jacob), co-écrit par Georges Charpak, Pierre Léna et Yves Quéré.