Rentrée des néotitulaires : quels dispositifs d’accueil ?

La première année d'activité peut être rude pour les jeunes enseignants. Pour les aider, des mesures d'accompagnement existent, issues de dispositifs académiques ou d'initiatives d'établissements.

Lorsqu’il se rend dans les IUFM de Rennes, Bordeaux ou Lyon à la rencontre des jeunes enseignants nouvellement nommés dans l’académie de Créteil, Patrice Giton1 est franc : “Ce sera parfois difficile pour vous, mais vous pourrez compter sur nous ». Celui qui coordonne le dispositif d’accompagnement d’entrée dans le métier (DIADEM) mis en place en 2001 par l’académie de Créteil à l’attention des enseignants et CPE sortant d’IUFM, n’hésite pas, en amont, à informer ces derniers sur les mesures prises pour les aider pendant leur première année d’exercice. Mieux, dans ses bagages, il emmène des néotitulaires et des formateurs afin que ceux-ci témoignent de leur expérience.

Une formation « à la carte »

Conformément aux directives nationales émises en juillet 20012, l’action pilotée par la cellule académique de formation (CAF) de Créteil mise sur l’accompagnement des néotitulaires par la formation. « Les nouveaux enseignants affectés dans des établissements de type 1 (voir encadré) bénéficient d’un aménagement de service de deux heures hebdomadaires consacrées à la formation », explique Patrice Giton. Il poursuit : « Dans ce cadre, les néotitulaires ont la possibilité de choisir parmi trois modules : une formation disciplinaire, une formation complémentaire (disciplinaire ou transversale) et des ateliers d’analyses de pratiques et d’échanges professionnels3. Le jeune enseignant choisit sa formation selon ses besoins, tout en sachant que, dans certains cas, il existe des parcours déjà « fléchés ». C’est le cas notamment pour ceux qui deviennent professeurs principaux4. Certains stages s’imposent à eux d’emblée ».

Un accompagnement « in situ »

En complément de ces heures de formation, les néotitulaires concernés par le dispositif (voir encadré) bénéficient de plusieurs « demi-journées banalisées ». « Elles leur permettent de s’informer et d’exprimer auprès d’un coordonnateur de site5 leurs besoins ou les difficultés qu’ils rencontrent en classe. Le coordonnateur de site assure leur accompagnement tout au long de l’année », souligne Patrice Giton.

A ces demi-journées d’aide, qui se déroulent dans les établissements, viennent s’ajouter les actions initiées par les corps d’inspection. « Nous convions tous les néotitulaires du département à des réunions d’information en septembre et en octobre afin de les aider à mieux appréhender le territoire dans lequel ils vont exercer », explique Jean-Charles Ringard, inspecteur académique de Seine-Saint-Denis. En outre, les néotitulaires de l’académie de Créteil ont l’assurance de ne pas être inspectés au cours de leur première année d’exercice. Ils reçoivent seulement des « visites-conseils » des personnels d’inspection, avec possibilité pour eux de transformer ces observations en évaluation si leur résultat se révèle positif.

Un accueil individualisé

Située dans l’académie de Nice, qui ne reçoit pas autant de néotitulaires que celles d’Ile-de-France, Danièle Quentier, principale du collège Les Vallergues, situé en ZEP, à Cannes, a choisi de prendre elle-même l’initiative en « soignant » tout particulièrement l’accueil des néotitulaires6. « Bien avant la rentrée scolaire, explique-t-elle, je reçois chaque nouvel enseignant en entretien individuel. Je lui fais faire le tour du collège, j’explique le mode de fonctionnement de l’établissement et je l’informe sur le profil de ses élèves. Je lui parle également de son « professeur pair », qui le prendra en charge sur le plan pédagogique tout au long de l’année. Je lui indique les personnes qui vont gérer son dossier de carrière et, dans un souci très pratique, je mets à sa disposition une banque d’informations pour l’aider à se loger. Bref, j’essaie d’avoir une démarche professionnelle et humaine ».

Elle poursuit : « Quelques jours après la rentrée, j’organise une réunion d’accueil avec l’ensemble des éducateurs et je présente plus spécifiquement chaque néotitulaire aux autres enseignants de la discipline. Il est important que les nouveaux venus puissent trouver leur place dans une organisation déjà constituée ». Et de conclure : « L’accueil n’est pas une question de temps mais de qualité. Il peut durer une année ou deux… Derrière le bien-être des enseignants, c’est la réussite scolaire des élèves qui se dessine en filigrane ».

Marie-Laure Maisonneuve

(1) Patrice Giton est le collaborateur du responsable académique de la formation pour l’académie de Créteil : Serge Clément.

(2) Circulaire ministérielle du 27 juillet 2001 : « Accompagnement de l’entrée dans le métier et formation continue des enseignants des 1er et 2nd degrés et des personnels d’éducation et d’orientation »

(3) Voir le détail des trois modules pour la rentrée 2005.

(4) Un tiers des enseignants titulaires nommés dans les établissements de ZEP de l’académie de Créteil occupent cette fonction dès leur première année d’exercice.

(5) Les coordonnateurs de sites sont des enseignants (ou des CPE) expérimentés qui ont chacun la responsabilité d’une trentaine de néotitulaires exerçant sur le même secteur géographique.

(6) Est-ce le fait de ce choix : l’établissement s’avère très sollicité pour accueillir les personnels en formation (enseignants et CPE) ?

Priorité aux établissements

Lors de sa création, à la rentrée 2001-2002, le dispositif d’accompagnement des néotitulaires mis en place dans l’académie de Créteil a concerné 105 établissements (dits de type 1). A la rentrée 2003, il s’est ouvert à 191 établissements supplémentaires (appelés cette fois-ci de type 2). Dans les établissements de type 1, jugés prioritaires, la participation au dispositif est obligatoire pour les néotitulaires. Dans ceux de type 2, elle relève d’une démarche volontaire. Ainsi, en 2004, 1500 des 2700 néotitulaires reçus dans l’académie se sont vus proposés l’accès à ce dispositif.

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