Charles Gardou :
le handicap en milieu scolaire

Le Conseil National « Handicap : sensibiliser, informer, former » organise, le 20 mai à la Maison de l’Unesco à Paris, ses premiers Etats généraux. L’inclusion des élèves handicapés dans le système éducatif français est au cœur des priorités. Entretien avec Charles Gardou, coprésident du Conseil National…

Verbatim…


 


Le retard français.


 


(…) Depuis la loi de 1975, l’intégration des personnes handicapées est une priorité nationale. Cela dit, chacun peut le constater, nous avons des difficultés à transformer les intentions en actes et à appliquer cette intégration prônée dans les textes. Les choses bougent lentement. Si vous me demandez de positionner la France dans ce domaine, je vous répondrai que nous sommes loin du peloton de tête en Europe. Comparée à des pays comme l’Italie, la Norvège ou bien d’autres, la France est très en retard. (…)


 



Mobilisation nationale.


 


(…) Cette journée du 20 mai à l’Unesco correspond à une volonté de mobiliser l’ensemble de la population française sur ce thème. Le handicap n’est pas l’affaire de quelques-uns qui seraient plus humanistes ou auraient un plus grand cœur, comparativement aux autres. C’est l’affaire de tous ! C’est l’affaire de l’école, du monde professionnel, des lieux de culture, de sport ou de loisir… Cela touche tous les domaines de l’existence humaine. Paradoxalement, notre pays a une réflexion avancée sur ce point, mais il a des difficultés à faire bouger sa culture, qui est encore une culture médicaliste et caritative ! (…)


 



Former les profs, un impératif !


 


(…) Il y a environ 12 millions de personnes en France qui sont touchées par des déficiences, dont 6 millions et demi touchées par des handicaps significatifs. Or, nous vivons dans un contexte culturel qui, en la matière, n’a pas véritablement progressé, qui fait même preuve d’archaïsme, voire d’obscurantisme parfois. La question que nous nous posons au Conseil National Handicap est la suivante : « Sur quels leviers agir pour que cette culture se transforme, pour qu’elle sorte de cette vision médicaliste et caritative et qu’elle en fasse un vrai défi éducatif et social ? » L’un des premiers leviers est la scolarisation, parmi les autres, des élèves en situation de handicap, et de la manière la plus précoce possible. Auquel cas on peut penser que les enfants s’habitueront à cette altérité liée au handicap. Un autre levier serait de former un certain nombre de professionnels, dont les enseignants, à la question du handicap. (…)
Dans l’enseignement, si nous voulons acter la scolarisation des enfants en situation de handicap, il faudra une formation beaucoup plus volontariste des enseignants. Aujourd’hui, il existe de véritables carences en la matière. Le face-à-face éducatif avec un élève handicapé peut être éprouvant pour un enseignant qui n’y est pas préparé. C’est la peur de l’inconnu, qui peut être doublée d’un sentiment de culpabilité : « si je me focalise trop sur un enfant en situation de handicap dans une classe nombreuse, j’ai le sentiment que je ne m’occupe pas assez des 25 autres élèves ; a contrario si je me focalise sur ceux qui vont bien, j’oublie quelqu’un et je ne fais pas mon travail ». Donc il y a un problème de préparation des enseignants, à la fois personnelle et fonctionnelle. Je veux parler des stratégies pédagogique et didactique à mettre en œuvre. C’est une aberration de croire que tout cela relève de la génération spontanée et du bon cœur… Non, cela se prépare ! (…)

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