Assistants pédagogiques : l’analgésique

Vendredi 8 avril, à l’issue d’une réunion avec le CNVL (Conseil National de la Vie Lycéenne), François Fillon a annoncé la création de postes d’ »assistants pédagogiques ». Mesure efficace ou cache-misère ?

Suite à une réunion vendredi dernier avec le CNVL, le ministre de l’Education nationale, François Fillon, annonçait (Source AEF) : « J’ai l’intention de renforcer l’accompagnement des élèves dans les lycées qui ont d’importants besoins dans ce domaine. Pour cela, je vais mettre en place des assistants pédagogiques. C’est une innovation ! « 
Et le ministre de poursuivre, définissant précisément les profils requis : « Ce seront des étudiants qui se destinent aux métiers de l’enseignement et qui assureront des heures d’accompagnement méthodologique et de soutien scolaire, en lien avec les professeurs et le conseil pédagogique du lycée. Ces étudiants salariés seront formés à leurs nouvelles missions. Ils trouveront là un premier contact avec leur futur métier. Mon objectif à court terme, est de pouvoir concentrer les recrutements sur les 300 établissements les plus sensibles ».

Un premier pas

Ses propos ne sont pas vains : le ministre indique que « le décret sortira dans les prochains jours ». Une innovation ? Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Même si cette mesure a été plutôt bien accueillie par les représentants lycéens du CNVL, pour qui l’entrevue avec le ministre est « une véritable réussite » (Source AEF). Les syndicats lycéens eux, ont réagi beaucoup plus froidement : pour l’Union Nationale Lycéenne (UNL), cette décision est « un premier signe d’ouverture… à concrétiser ? » (communiqué du vendredi 8 avril).
Le syndicat souligne toutefois que cette mesure ne fait que colmater l’immense brèche ouverte depuis trois ans, « après la suppression de dizaines de milliers d’étudiants-surveillants ».
Quant à la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) , elle juge que cette mesure n’est qu’une « infime réponse » aux revendications lycéennes, même si elle reconnaît qu’il s’agit d' »un premier pas ».

Une innovation ?

Le SNES-FSU est plus radical : il déclarait vendredi à l’AFP que la mise en place d’assistants pédagogiques relevait de « l’incohérence la plus absolue ». Et absolument pas du domaine de l' »innovation ». « Ces assistants (des étudiants se préparant au professorat) ont le même profil que les MI-SE (étudiants-surveillants) dont le corps a été littéralement massacré il y a deux ans par le ministère de l’Education nationale. Et le syndicat de conclure : « Cette prétendue innovation n’a rien de nouveau ».

La création d’un corps d’assistants pédagogiques ne suffit pas à apaiser les tensions avec les syndicats lycéens, qui ont décidé de poursuivre leur action. Cette mesure est plutôt vue comme une -faible- compensation aux suppressions de postes de MI-SE, qui ont affecté de nombreux établissements depuis 2002. La FIDL dénonçait d’ailleurs vendredi « le nombre ridicule d’assistants pédagogiques » que le ministre envisage de recruter.

Partagez l'article

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.