J’enseigne l’anglais en LP en région parisienne. Les notes sont sur 20 et sont censées représenter la moyenne du travail fourni par l’élève. Or sur une classe de 24, il y a toujours de 1 à 4 élèves qui n’en ont aucune car absents aux contrôles, programmés ou non. Pour les autres, une moyenne reflète assez peu leur niveau réel, si tant est qu’on peut encore parfois parler de moyenne tant le niveau est faible.
Il s’agit plutôt d’une note pour la galerie, de celles que les parents demandent sur le bulletin trimestriel, pour se rassurer que leur enfant est dans le même genre de système qu’ils ont eux-même connu. Les connaissances en bac pro sont du niveau de la 5e et la régression est spectaculaire chez les bons éléments qui refusent d’en faire plus pour ne pas passer pour des « intellos », et surtout pas de montrer de l’intérêt, voire d’entraîner le reste de la classe vers une implication quelconque. La très grande majorité subit heure après heure, peut importe l’originalité dont l’enseignant fait preuve pour tenter toutes les ficelles pour intéresser malgré lui, ce public immature et peu motivé en général.
Ce n’est pas la note qui motive, c’est l’idée qu’on a bien fait, réussi l’exercice. La note est d’ailleurs souvent contestée par l’élève qui pense ne pas en avoir eu pour sa peine (j’ai écrit tout ça et vous m’avez mis seulement 11 !!!) et se décourage (Ben, la prochaine fois…). Et nous, si on veut une certaine paix sociale, on surnote, c’est-à-dire qu’on ne note pas au devoir qui vaut disons 4/20, mais par rapport à la note moyenne obtenue dans la classe, soit en point faute : ex. devoir sur 40 réponses, le meilleur a répondu à 31 questions correctement, le moins performant à 7. La moyenne ne sera pas à 20 réponses exactes/40 = 10/20 mais à 31-7 = 24 : 2 = 12 réponses exactes = 10/20. Ainsi, la plupart des élèves auront une « bonne » note.