De plus en plus de jeunes enseignants sont issus de l’immigration selon des recherches récentes, menées dans le cadre de l’Institut Maghreb-Europe (université Paris-VIII) pour l’UNSA-Education. Un recensement à l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Créteil, l’un des trois plus gros de France, fait état, à la rentrée 2003, d’une proportion de plus de 17 % d’enseignants « issus des immigrations », c’est-à-dire dont au moins un parent est de nationalité étrangère. La proportion tombe à 11 % pour deux parents immigrés. Parmi eux, la part la plus importante (43,9 %) vient d’Europe, principalement du Sud. En seconde position vient le Maghreb (42,6 %) et, au sein du Maghreb, l’Algérie. Or la part de la population originaire du Maghreb dans la population immigrée d’Ile-de-France est de 33,7%. On note donc une surreprésentation des jeunes issus de cette immigration qui accèdent au métier d’enseignants. Aïssa Kadri, sociologue et coordonnateur de l’enquête explique que « l’enseignement représente un moyen de promotion sociale pour la plupart de ces jeunes ». On note également que ces jeunes professeurs sont pour la plupart issus de milieux populaires. Ainsi selon les chiffre de l’IUFM de Créteil, la part de ces enseignants ayant des parents ouvriers est de 54,5% contre 11,4% pour les enseignants « d’origine française ».

Source Le Monde