Profession en colère

Les infirmières et infirmiers scolaires en ont assez. A l’appel de leur syndicat, le SNICS-FSU (Syndicat national des infirmier(e)s conseiller(e)s de santé), ils défileront demain, mardi 11 janvier, à Paris. Focus sur une profession mal-aimée.

Une infirmerie scolaire sera aménagée aux abords du ministère de l’Education nationale demain à Paris, à l’occasion d’une manifestation des infirmières et infirmiers scolaires… En cause, le projet de loi d’orientation de François Fillon, qui ne comprend plus la moindre allusion aux 1500 créations de postes pourtant promises en novembre.
Brigitte Le Chevert, secrétaire générale du syndicat, chiffre à 5000 postes supplémentaires les besoins actuels d’infirmières et d’infirmiers dans les établissements, ce qui représenterait « une infirmière par lycée, et deux infirmières par collège dont une à mi-temps ».

Sous-effectifs flagrants

La profession est sévèrement touchée par le manque d’effectifs, comme le souligne le syndicat : « 6.383 personnes [exercent ] pour 8.200 établissements (sans compter les 300 autres exerçant dans le supérieur pour deux millions d’étudiants) ».
Les élèves sont les premiers à souffrir de ce manque d’effectifs, car leur violence n’est pas seulement extérieure : elle s’exerce d’abord avant tout contre eux-mêmes. « Quand on parle de violence, on devrait considérer la première des violences, celle qu’ils exercent vis à vis d’eux mêmes : l’anorexie, la boulimie, les conduites à risques… et le suicide même avec 140.000 tentatives et 800 morts par an chez les moins de 24 ans en France, premier pays d’Europe pour les suicides de jeunes », alerte Brigitte Le Chevert.

Elèves en danger

L’infirmière scolaire est souvent la première personne à laquelle l’élève en souffrance s’adresse: « Nous sommes ceux et celles que les jeunes viennent voir quand ils craquent », fait remarquer la secrétaire générale, qui déplore que la profession n’attire plus les jeunes.
Ils sont en effet rebutés par les salaires filiformes (1.100 euros à 1.900 euros net mensuellement) et le manque de reconnaissance de la profession, dont le diplôme, préparé pourtant sur 3 ans et demi, n’est assimilé qu’à un DEUG.
Résultat, dans certaines académies, les postes ne sont plus pourvus. C’est le cas dans l’académie de Créteil, l’une des plus difficiles, où une cinquantaine de postes restent vacants. Là où les élèves sont malheureusement le plus en détresse…

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