Responsable RH, excellentes références, cherche poste d’instit…

Dans la vie de Florence Martin, il y aura désormais un avant et un après. Jusqu’en 2002, cette quadra hyperactive menait de front sa vie de famille et une carrière prometteuse de responsable des ressources humaines. Et puis, un jour de printemps, elle a décidé de frapper à la porte de l’Education nationale…

Porter des tailleurs et des talons, mener des entretiens d’embauche, gérer des licenciements, mettre en place des plans de formation… tel a été le quotidien de Florence Martin pendant les douze premières années de sa vie professionnelle. Ça, mais aussi les horaires à rallonge, le malaise face aux enfants qu’on ne voit pas grandir et deux heures d’embouteillage, tous les matins, pour rejoindre son bureau.


 


Jusqu’en 2000, Florence Martin était responsable des ressources humaines dans une filiale d’un grand groupe industriel français. Et puis un jour, il y a eu cette fameuse crise du sens et son cortège de doutes : “Je m’étais orienté vers les ressources humaines parce que je croyais qu’on avait un véritable rôle à jouer dans l’entreprise. Or, au bout d’un moment, ma fonction se résumait à appliquer à la lettre les consignes de la direction tout en faisant croire qu’on se préoccupait du bien-être des salariés. Faire des plans sociaux dans une boîte qui tournait bien, cela commençait vraiment à poser problème ! Je ne savais plus vraiment à quoi je servais”, explique Florence.


 


Les mystères de l’acquisition des savoirs


 


En 2000, Florence décide de donner sa démission. Après une année de réflexion, elle ouvre un cabinet de recrutement, en 2002. “Ça m’a permis de mieux articuler ma vie professionnelle et ma vie familiale. Mais j’avais toujours ce problème de sens. Quelque chose ne collait pas”, se souvient l’ancienne cadre.


 


La même année, sa fille aînée entre en CP. Dur l’apprentissage de la lecture : la petite a du mal à s’y retrouver. Du coup, pour comprendre ce qui se passe et épauler sa fille, Florence se plonge dans les mystères de l’acquisition des savoirs. Elle lit des ouvrages sur l’apprentissage. Le goût pour l’enseignement lui vient au fil de ces lectures. A tel point qu’en mars 2003, elle dépose un dossier de candidature auprès de l’IUFM de Cergy-Pontoise. En septembre, il est accepté. Florence prépare alors le concours. En mai 2004, elle est reçue et intègre l’IUFM pour y apprendre le métier de professeur des Ecoles.


 


Les stages qu’elle a effectués depuis la rentrée 2004 l’ont rassurée sur sa capacité à s’adresser à un public d’enfants. “J’avais fait de la formation pour adulte au cours de ma carrière. Mais s’adresser à des enfants en bas âge, c’est une autre histoire. J’avais très peur de ne pas savoir gérer la charge affective”, glisse Florence. Mais dès son premier stage, ses craintes s’envolent. Florence est convaincue d’avoir fait le bon choix.


 


Valoriser le métier


 


Cependant, elle est loin de porter un regard angélique sur le métier d’enseignant. L’ancienne responsable des ressources humaines s’inquiète notamment du mode d’évaluation des enseignants : “Dans le privé, lorsqu’un salarié « dysfonctionne », il y a une sanction : un avertissement ou un licenciement. Dans l’Education nationale, si des élèves sortent du CP sans savoir lire, c’est en partie que le prof n’a pas remplit ses objectifs. Mais aucun reproche ne lui sera fait pour autant”, déplore-t-elle.


 


Et le salaire dans tout, ça ? Florence se fait à l’idée qu’elle n’aura plus le même niveau de vie. “C’est regrettable pour la profession toute entière, estime-t-elle. Aujourd’hui, un métier qui n’est pas valorisé financièrement ne peut pas l’être socialement. Les conséquences se font sentir également dans la gestion de la classe, à travers le degré d’implication personnelle. Quoi qu’il arrive, quels que soient la qualité du travail, les efforts, l’investissement, le salaire évolue en fonction d’une grille figée. Ce qui n’encourage que très peu la prise d’initiative et l’innovation, pourtant essentielles dans ce métier”.

Florence Martin en 5 dates

1982 : Florence obtient un bac B


1991 : Après des études de droit et un diplôme de troisième cycle en gestion des ressources humaines, Florence rejoint un grand groupe industriel français.


2000 : Démissionne de son poste de responsable des ressources humaines.


Mai 2004 : Reçue au concours de professeur des écoles.


Sept. 2004 : Premier pas devant une classe de CP en tant que professeur des Ecoles stagiaire.

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