Le 15 décembre, le SNEP-FSU (syndicat national de l’éducation physique de l’enseignement public) proposait une « information à la population sur les dangers de la future loi d’orientation » à la patinoire de l’Hôtel de ville de Paris. L’objectif ? Alerter le public sur la disparition de l’EPS : cette discipline en effet n’est pas intégrée dans le socle commun, défini par le ministre de l’Education nationale François Fillon, le 18 novembre dernier. Le SNEP Guadeloupe, dans un communiqué daté du 6 décembre, cite les propos du ministre, qui a déclaré qu’ « il ne voyait pas en quoi l’éducation physique serait dans les disciplines du ‘socle commun' ». 
Depuis le 7 décembre, le SNEP fait circuler sur son site une pétition pour défendre l’EPS dans les programmes scolaires. Pour le SNEP Guadeloupe (communiqué 6 décembre), « l’EPS et le sport scolaire constituent un champ privilégié de lutte contre l’échec scolaire. Ces enseignements sont de véritables leviers favorisant la démocratisation du système scolaire et la réussite de chaque élève ».

Cours de sociabilité

Maxime Travert, maître de conférence à l’IUFM d’Aix-Marseille, a tenu les mêmes propos dans les pages Rebonds de Libération : « Les arts, la musique, l’éducation physique et sportive sont rassemblés, dans le projet de réforme du brevet, dans un ‘portefeuille de matière au choix’. Cette nouvelle position qu’occuperont ces disciplines dans le premier diplôme que les élèves auront à acquérir témoigne de la considération que le pouvoir politique leur accorde. Elles ne sont plus obligatoires ; elles deviennent optionnelles. La connaissance qu[e les adolescents] ont, de soi et des autres, se façonne au gré de ces expériences sensibles dans lesquelles l’engagement corporel est un chaînon essentiel (par exemple jouer au foot ensemble, ou faire du rap, ndlr).
Or ces connaissances « sensibles », « induites par des expériences communes » vont se retrouver exclues du socle commun. Ce qui pour le chercheur est « regrettable, en terme de sociabilité ».

Une éducation à la santé

Pour le chercheur donc, pas de doute : supprimer l’EPS, c’est ôter une chance de sociabilité, mais aussi de culture, d’égalité et de réussite, pour les jeunes en difficulté. Enfin, la suppression du sport à l’école serait d’après le SNEP une catastrophe en termes d’éducation à la santé, au moment où l’obésité chez les jeunes ne cesse d’augmenter, et aussi où les « inégalités d’accès à la culture corporelle, sportive et artistique (et particulièrement celle des filles) sont aujourd’hui alarmants ».


Les syndicats arriveront-ils à se faire entendre du ministre ? Et finalement l’EPS trouvera-t-elle sa place parmi les fondamentaux du socle commun ? Le suspens est intact…