Les chiffres méritent qu’on s’y arrête (voir ci-dessus). Surtout après le drame d’Altkirch, le 4 novembre dernier. Marie-Josée Roig, ministre de la Famille et de l’Enfance, déclarait d’ailleurs, le 18 novembre sur le site du Premier ministre, « Que les enfants soient de plus en plus violents, c’est une réalité. On a évoqué l’influence de la télévision, l’influence de l’actualité, c’est vrai que la violence se développe. Comment protéger les écoles ? Il y a parfois des différences géographiques, mais je pense qu’il faut s’assurer de ce qu’est un enfant. Chaque enfant a son système de défense ». Propose-t-elle des solutions ? Elle tire un trait sur la manière forte : pas de police à l’école.

Mais il faut que le travail des enseignants s’articule avec celui des parents. Elle donne l’exemple suivant : « Les enseignants ont déjà cette pratique [de sensibilisation des enfants à la violence]. Dans les cours de récréation, on ne laisse pas les enfants jouer à la guerre ». Puis ajoute : « comment combiner le fait qu’on va dire à ces jeunes qu’il ne faut pas frapper son camarade et le laisser ensuite face à la télé sur laquelle il voit des meurtres en série ? ». L’éducation ne réussit que si elle passe par l’école et la maison, conjointement.

La solution passe aussi par la formation des futurs enseignants dans les IUFM. Dans Le Parisien daté du 29 novembre, un exemple de module de formation des PE2, nous est donné : les stages « antichahut », dans l’académie de Nice. Saïd Alioui, responsable d’un de ces stages en zone prioritaire, donne la clef de la réussite : « Un peu d’humour et de la convivialité, mais sans familiarité… ». Dans ce contexte d’augmentation de la violence à l’école maternelle se pose une autre question : la scolarisation dès deux ans serait-elle souhaitable ?

Le 24 novembre dernier, lors d’un colloque organisé par l’Association Française de Psychiatrie pour réfléchir sur la scolarisation précoce des tout-petits, les spécialistes se sont prononcés contre, à l’unanimité. Le Quotidien du Médecin (29/11/04) revient aujourd’hui sur ce débat. Claire Brisset, Défenseure des Enfants, qui était présente, a confirmé qu’ « actuellement, l’école ne sait pas prendre en charge les enfants de deux à trois ans et n’a pas les moyens adaptés à cette tranche d’âge : de petits groupes d’enfants (pas plus de dix), des enseignants formés et au moins deux enseignants par groupe, des menus appropriés, des conditions de sommeil qui respectent les besoins de sommeil à cet âge… ».

De plus, comme l’a souligné Geneviève Haag, psychiatre-psychanalyste, l’enfant scolarisé trop tôt a encore plus de risques de développer des comportements agressifs. Ce dont l’école se passerait bien…