Rapport (in)Thélot

Pour moi, le rapport repose sur un postulat qui peut s'avérer dangereux: l'école doit s'adapter à la société. Ce postulat mène évidemment la commission à une impasse et à l'éternelle litanie des autres rapports sur l'éducation: socle commun de connaissances, soutien aux élèves en difficulté. bref des platitudes, de bonnes intentions qui sont bien sûr vouées à l'échec parce qu'on n'ose pas se poser la vraie question : est-ce que ce ne serait pas plutôt à la société de s'adapter aux exigences de l'éducation ? Cette idée est timidement évoquée dans un encadré concernant les médias, à la fin. C'était justement ce qu'il aurait fallu développer tout au long du rapport. C'est lié au problème de la motivation. Si on n'aborde pas cette problématique, on passe à côté de l'essentiel et c'est malheureusement ce qui s'est produit. Durant le débat, l'intervention de ce grand penseur qu'est Marcel Gauchet portait là-dessus ; elle n'aura donc servi à rien (il avait d'ailleurs été gentiment éconduit). Je trouve un petit peu dommage d'avoir consacré autant de temps et de pages pour exposer des lieux communs qu'on nous a déjà tant de fois répétés. C'est malheureusement un monument en langue de bois qui énumère certes beaucoup de voux pieux mais qui exclut presque tout pragmatisme. (Peut-être qu'à vouloir écouter tout le monde, on n'entend plus personne.)

Et toutes les recherches sur la psychologie de l'apprenant, l'intelligence émotionnelle qui n'ont même pas été prises en compte.

On aurait pu aussi se demander pourquoi l'enseignement a été une des rares réussites des pays communistes. Même pas. Le rapport ne se réfère pas à ce qui marche ou a marché ailleurs.

Tout cela, ajouté à la redéfinition du métier d'enseignant, confirme aussi ce que d'aucuns craignaient : que le rapport Thélot ne fût qu'un prétexte pour rendre les enseignants non seulement responsables, en grande partie, de tous les dysfonctionnements de l'école mais aussi taillables et corvéables à merci



Pour moi, le rapport repose sur un postulat qui peut s’avérer dangereux: l’école doit s’adapter à la société. Ce postulat mène évidemment la commission à une impasse et à l’éternelle litanie des autres rapports sur l’éducation: socle commun de connaissances, soutien aux élèves en difficulté. bref des platitudes, de bonnes intentions qui sont bien sûr vouées à l’échec parce qu’on n’ose pas se poser la vraie question : est-ce que ce ne serait pas plutôt à la société de s’adapter aux exigences de l’éducation ? Cette idée est timidement évoquée dans un encadré concernant les médias, à la fin. C’était justement ce qu’il aurait fallu développer tout au long du rapport. C’est lié au problème de la motivation. Si on n’aborde pas cette problématique, on passe à côté de l’essentiel et c’est malheureusement ce qui s’est produit. Durant le débat, l’intervention de ce grand penseur qu’est Marcel Gauchet portait là-dessus ; elle n’aura donc servi à rien (il avait d’ailleurs été gentiment éconduit). Je trouve un petit peu dommage d’avoir consacré autant de temps et de pages pour exposer des lieux communs qu’on nous a déjà tant de fois répétés. C’est malheureusement un monument en langue de bois qui énumère certes beaucoup de voeux pieux mais qui exclut presque tout pragmatisme. (Peut-être qu’à vouloir écouter tout le monde, on n’entend plus personne.) Et toutes les recherches sur la psychologie de l’apprenant, l’intelligence émotionnelle qui n’ont même pas été prises en compte. On aurait pu aussi se demander pourquoi l’enseignement a été une des rares réussites des pays communistes. Même pas. Le rapport ne se réfère pas à ce qui marche ou a marché ailleurs. Tout cela, ajouté à la redéfinition du métier d’enseignant, confirme aussi ce que d’aucuns craignaient : que le rapport Thélot ne fût qu’un prétexte pour rendre les enseignants non seulement responsables, en grande partie, de tous les dysfonctionnements de l’école mais aussi taillables et corvéables à merci.

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