Je suis assez d’accord avec l’auteur du courrier du 11/10, surtout lorsqu’il évoque la dimension éthique de certaines propositions. En effet, (je m’exprime en tant que professeur de matière générale en lycée professionnel) je ne pense pas être la seule jeune enseignante à refuser le discours parfois manichéen des syndicats, et je serais plutôt favorable à l’allongement du temps passé dans les établissements, à condition bien sûr que ce ne soit pas synonyme d’heures de cours en sus et que les moyens matériels nécessaires à l’accomplissement « contractualisé » de tâches jusqu’à maintenant laissées au bon vouloir des enseignants soient effectivement débloqués, comme par exemple la création de bureaux pour recevoir parents et élèves dans des conditions acceptables si ces visites se déroulent en journée. Car ne nous voilons pas la face, dans pratiquement tous les établissements se trouvent des collègues qui font le strict nécessaire, et d’autres qui en font beaucoup plus qu’ils ne le devraient, non par niaiserie ou désir de se faire bien voir comme voudraient le faire croire les premiers, mais tout simplement parce que le suivi, l’orientation et même simplement l’écoute des élèves font partie de notre mission, ne nous transforment pas pour autant en « assistantes sociales » et doivent de toute façon être faits. Si nos tâches, clairement définies, deviennent dûment répertoriées et incluses dans un nombre d’heures fixe, avec, et ce n’est pas rien, la possibilité que des activités supplémentaires se traduisent par un salaire en conséquence, alors pourquoi pas ? Cependant il est à espérer que les heures de « trous » en journée soient comptabilisées dans ces nouvelles heures. Il ne faudrait pas qu’au nom des sacro-saints acquis des enseignants, l’on rejette en bloc les propositions de ce rapport. Combien de ceux qui crient déjà « au loup » l’ont-ils effectivement lu, au fait?