Rapport Thélot : une bombe à retardement ?

Avant même sa publication définitive le 12 octobre prochain, le rapport Thélot provisoire fait l’objet de vives critiques. Pour répondre à toutes les questions, notre prochain invité, Claude Thélot, viendra en personne présenter son rapport sur VousNousIls.

Tout au long du mois de septembre, Les syndicats n’ont pas mâché leurs mots à son propos. Retour sur quelques arguments -et comportements- plus ou moins hostiles…

Un retour aux années 60 :
Le SNETAA-EIL critique vivement le retour à l’ancienne qui y est prôné : « l’école (…) basée sur la continuité du primaire et du secondaire ressemble à s’y méprendre à l’école primaire de naguère ». Même son de cloche du côté du SNES-FSU, « les propositions dévoilées ramèneraient la scolarité au niveau de celle des années 60. »

Socle commun : danger !
Pour le SNES-FSU, « ces propositions opèrent un recentrage sur un socle de base appauvri auquel se cantonneraient certains élèves pendant que d’autres accéderaient à une culture plus étendue ». L’insistance sur le socle commun (priorité absolue au français et aux mathématiques), constitue pour le SNALC-CSEN une « escroquerie intellectuelle » : « le défaut majeur de ce socle commun qui existe de la grande section de maternelle jusqu’à la troisième incluse, c’est qu’il évacue toute notion d’enseignement de culture, celui-ci semble renvoyé vers les options mais nous n’avons aucune garantie que des options utiles à la formation de la réflexion, du goût, de la culture, seront implantées dans tous les établissements ».

Une critique sans le SE-UNSA :
« Notre organisation n’est pas en colère à l’égard des pré-propositions du rapport thélot et pense même que certaines d’entre elles jettent les bases d’une plus grande démocratisation du système ». « La critique des pré-propositions du rapport se fera sans nous ». « C’est en améliorant les fondations qu’on sera à même d’améliorer la situation ». « Le conservatisme ne doit pas régir le débat. Nous ne sacrifierons pas le contenu à l’unité [syndicale]. »

Un conflit inévitable :
Pour le SNUIPP-FSU, « si les propositions du rapport Thélot, exposées dans cette version provisoire sont maintenues, ce sera source de conflit avec notre profession. Nous ne retrouvons pas ce qu’ont dit les collègues lors du débat national sur l’avenir de l’école. Nous avons en plus l’impression que, contrairement à ce que son nom indique, il n’y a pas grand-chose pour favoriser la ‘réussite de tous les élèves’ « .

Médecine scolaire menacée :
Vives critiques du SNASEN (Syndicat national des assistants sociaux de l’éducation nationale), du SNMSU-UNSA-Éducation (Syndicat national des médecins scolaires et universitaires), et du SNUAS-FP-FSU (Syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique) qui ne comprennent pas pourquoi on souhaite externaliser leur profession. « Pourquoi l’Ecole devrait-elle faire appel à des spécialistes compétents hors Education nationale quand l’institution les possède déjà ? », se demande en effet le SNMSU.

L’enseignement professionnel : grand oublié
Et l’enseignement professionnel ? Grand oublié du rapport, comme le souligne le SNETAA, qui met en garde contre sa fragilisation et le fait que l’enseignement professionnel risque d’être « surtaxé alors que les prévisions d’effectifs sont à la hausse ».

Rapport Thélot : ‘beaucoup de bêtises ont été dites’
Selon François Dubet, professeur à l’université Bordeaux-II et membre de la commission Thélot, « ce texte est dans la continuité des rapports rendus depuis vingt ans. Si ce rapport avait contenu des propositions très originales, nous aurions essuyé d’autres critiques. On sait que les gouvernements qui ont pris le risque de toucher à l’école se sont retrouvés dans une situation difficile. Je ne crois pas que le contexte soit favorable. »

Démissions…
On retiendra aussi les démissions fracassantes d’Annie David, d’Alain Finkielkraut, d’Elisabeth Altschull et de Monique Canto-Sperber, prestigieux membres de la commission estimant que leur parole n’avait absolument pas été prise en compte au cours des débats. Et surtout que ce rapport n’apportait aucune modification profonde. Comme le résume Elisabeth Altschull, « les quelques timides avancées positives du rapport sont noyées dans un ensemble qui globalement défend trop le statu quo à ‘l’Education nationale’. »

A suivre le 15 octobre dans notre rubrique Invité…

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