Prof aux Jeux Olympiques

Professeur des écoles à Nîmes, Joanne Dudziak garde également les buts de l’équipe de France féminine de handball, championne du monde en titre. Alors que ses collègues et élèves entament leurs vacances, elle s’apprête quant à elle à vivre à Athènes ses seconds Jeux Olympiques.

C’est en 2000, deux mois à peine avant ses premiers JO, que Joanne Dudziak a réussi le concours de professeur des écoles. Depuis, cette élégante jeune femme de 32 ans partage sa vie entre le sport de haut niveau et l’enseignement. « Je suis « brigadière »1. Mon rôle consiste donc à remplacer des instituteurs en congé maladie ou en formation », explique-t-elle.


 


Regrettant de ne pouvoir nouer un lien plus durable avec les enfants, la championne se console en songeant que la carrière d’un sportif est infiniment plus brève que celle d’un enseignant. De toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix : « C’était le seul moyen de concilier un poste de titulaire dans l’Education nationale avec tous les stages et toutes les compétitions qu’impose la pratique du handball au niveau international », reconnaît-elle.


 


Une double vie


 


Selon les circonstances, c’est donc l’une ou l’autre facette de sa vie qui prend le dessus. « Il est certain que cette année, entre les championnats du monde et la préparation des Jeux olympiques, j’ai passé peu de temps dans les classes. Mais les années précédentes, j’ai beaucoup plus travaillé. En fait, je suis en relation permanente avec mon inspecteur et son adjoint, à Nîmes. D’un commun accord, en début d’année, nous fixons mon calendrier. Si j’ignore où je vais enseigner, je sais par contre quand je vais le faire. » Une souplesse que Joanne Dudziak apprécie à sa juste valeur et qui lui permet de se consacrer à sa carrière sportive en toute sérénité. « C’est vrai que cela me simplifie la vie. Or, c’est important pour un sportif d’avoir l’esprit libre. »


 


Un respect naturel


 


En retour, la pratique du handball lui apporte beaucoup quand elle se retrouve dans une classe. « Il arrive que j’en parle aux enfants ou qu’ils soient mis au courant par une personne qui me connaît. Du coup, ils sont spontanément très attentifs. Dans des écoles un peu difficiles, j’ai même pu constater que les élèves, quand ils découvrent que je fais partie de l’équipe de France, me respectent d’emblée, sans chercher le rapport de forces. Mon travail s’en trouve évidemment facilité. »


 


Malgré ce constat, l’Education nationale n’a pas véritablement cherché à utiliser l’image de Joanne pour valoriser des actions ou mener des campagnes de sensibilisation. La handballeuse n‘aurait pourtant rien contre, bien au contraire : « Je pense que c’est quelque chose qui va se faire. Les derniers championnats du monde ont attiré l’attention sur nous. Et les Jeux olympiques constituent un événement encore plus porteur. En tout cas, j’aimerais beaucoup utiliser mon statut pour rendre à l’Ecole un peu de tout ce qu’elle m’offre. » Peut-être en aura-t-elle l’occasion si des lauriers olympiques viennent s’ajouter à la couronne mondiale…


 


Patrick Lallemant


 


(1) Les brigades départementales regroupent des enseignants titulaires dont la mission consiste à effectuer des remplacements sur une zone géographique donnée.

Deux profs dans l’équipe championne

Sacrée championne du monde en décembre dernier en Croatie, l’équipe de France féminine compte une autre enseignante dans ses rangs : demi-centre des Bleues et de l’équipe de Besançon, Sandrine Mariot-Delerce est par ailleurs professeur d’éducation physique et sportive.

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